Un nouvel envolpour l'aérodrome

Alexia Ighirri

— 

L'aérodrome du Polygone, rue de la Musau au Neuhof, c'est 60 hectares de terrain, six associations, 500 licenciés, des planeurs, des avions à moteur, des parachutistes… mais aussi des locaux vétustes. Ce lundi, la ville donne donc son avis sur un investissement de 9, 636 millions d'euros par la Communauté urbaine de Strasbourg (CUS) – qui sera voté en conseil vendredi – pour la restructuration des installations de l'aérodrome en juin 2015. Un projet « important financièrement et urbanistiquement », selon le maire Roland Ries (PS), pour ce site qui aura été l'aéroport de Strasbourg et qui aura vu Antoine de Saint-Exupéry apprendre à piloter. Et où une dizaine de pilotes est encore formée chaque an.

« L'aérodrome relevait de la compétence de l'Etat, qui nous l'a donné. On avait alors des inquiétudes qui se vérifient aujourd'hui : les bâtiments sont en piteux état », poursuit Roland Ries. L'investissement est désormais indispensable sur ces hangars parfois antérieurs à la Seconde Guerre mondiale. « Il y a encore des traces d'obus ! », indique Renée Kruit, présidente du Cerp (centre-école régional de parachutisme) Alsace. « L'idée est de mutualiser les moyens entre associations et de pouvoir mieux développer l'activité. » La CUS a étudié diverses solutions. La fermeture du site ? Il aurait fallu indemniser les associations. Sa transformation en aérodrome de tourisme d'affaires ? « En plus de coûter cher, les gens n'en voulaient pas », constate le maire. Guy, un visiteur croisé dimanche, confirme : « Strasbourgeois de naissance, j'y suis très attaché ». « Et nous, on est attachés aux riverains, alors on fait attention à ne pas trop les déranger », confie Jean-Claude Moncoucut, pilote et instructeur à l'aéro-club d'Alsace.