« Nous n'avons aucun pouvoir d'intervention »

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« Je ne sais pas quelle est la solution », avoue Roderick Liddell, directeur des services communs à la Cour européenne des droits de l'homme. L'institution constate, impuissante, que des campeurs s'installent sous ses fenêtres : « Si on voit quelqu'un en détresse, on envoie un équipe de pompiers de chez nous ou on appelle le Samu, mais sinon nous n'avons aucun pouvoir d'intervention sur la voie publique. » Dans ses outils de communication, la Cour précise aux justiciables qu'il est inutile de se déplacer jusqu'à Strasbourg. Cela ne suffit pas, car pour Roderick Liddell, « ce sont des gens en détresse, poussés jusqu'à bout. Tout ce qu'on peut faire, c'est leur indiquer la procédure à suivre pour introduire une requête, mais le plus souvent elle n'est pas recevable ». Soit pour des questions de délais, soit parce que les personnes n'ont pas épuisé tous les recours juridiques possibles dans leur pays, soit parce que leur situation n'a rien à voir avec l'activité de la Cour... Mais expliquer l'impasse est difficile, car il y a quelque chose « d'assez irrationnel » dans l'attitude des campeurs, juge Roderick Liddell. T.C.