Un scrutin plein de surprises

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A Strasbourg, il y a eu 71 % de " oui ".
A Strasbourg, il y a eu 71 % de " oui ". — G. Varela / 20 minutes

Est-ce une nouvelle illustration du décalage entre les élus et les électeurs ? Dimanche, le résultat négatif du référendum sur le projet de fusion des trois collectivités alsaciennes en a en surpris plus d'un. D'abord, le veto du Haut-Rhin – le « non » y a remporté 55, 74 % des voix – n'avait guère été anticipé. Les sondages ne l'avaient pas prévu et dans les derniers jours, les partisans du « oui » s'inquiétaient surtout de la participation dans ce département, le projet devant être approuvé par au moins 25 % des inscrits. Le rejet clair et net de la démarche a rendu ce seuil caduc.

« Manque de clarté »


Pour le Bas-Rhin, les artisans du projet s'inquiétaient moins, visiblement convaincus que le « oui » arriverait en tête avec un niveau de participation suffisant. Erreur : seulement 22, 9 % des inscrits les ont suivis. Roland Ries (PS), le maire de Strasbourg, y voit la conséquence du « caractère confus de la réforme envisagée » : « Un conseil unique avec deux sièges, des conférences de territoire, fruit de marchandages davantage que de concertation… Tout cela a trop manqué de clarté pour susciter l'adhésion ». Lui-même n'avait pas pris de risques, optant pour le vote… blanc.

A Strasbourg enfin, des craintes avaient été exprimées de tous bords quant à un transfert du siège du conseil unique à Colmar et de nombreux socialistes avaient appelés à voter « non ». Malgré cela, le « oui » a obtenu près de 71 % des suffrages… T.C.