Les pinceaux Avant les pelleteuses

thomas Calinon

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L'opération vise à donner " un moyen d'expression " aux habitants, dit Sandrine Eber.
L'opération vise à donner " un moyen d'expression " aux habitants, dit Sandrine Eber. — G. Varela / 20 minutes

Art Puissance Art récidive. Comme l'année dernière, l'association strasbourgeoise de promotion de l'art contemporain convie des artistes à investir pour quelques mois une tour qui disparaîtra en 2014 du paysage urbain de la Meinau. L'opération s'insère dans le projet de rénovation urbaine qui se traduit par de nombreuses opérations de démolition-reconstruction. « L'idée, résume Sandrine Eber, chargée de projet chez Art Puissance Art, c'est d'accompagner les habitants dans la mutation de leur quartier en leur donnant un accès à l'art et un moyen d'expression. » Après le 28, avenue de Normandie en 2012, l'opération emménage au 33. « Cette tour, ça va être un vrai défi pour les artistes », confie en faisant visiter les lieux Samy Kechida, un habitant du quartier embauché par Art Puissance Art pour une mission de médiation.

Mise en couleurs

L'immeuble n'a plus de porte d'entrée, les boîtes aux lettres sont défoncées, les murs recouverts de graffitis hostiles à la police. Seule une dizaine de familles en attente de relogement y vivent encore, ainsi que quelques personnes hébergées dans le cadre du dispositif hivernal. En prélude à l'installation des artistes résidents, le graffeur Antistatik a déjà débuté la mise en couleurs de la tour, dont les cages d'escaliers se recouvrent peu à peu, du haut du 12e étage jusqu'au parvis, de fresques abstraites et de portraits. Les 16 artistes sélectionnés pour l'opération s'installeront début mai. Parmi eux, le peintre de rue Dan23 ou le photographe Philippe Paret, qui réalisera « des paysages urbains et des portraits d'habitants » avec son sténopé, une boîte noire qui laisse entrer la lumière par un minuscule trou. Les acteurs du quartier, comme l'école et le centre socio-culturel (CSC), participeront aussi à la démarche. « Dans le cadre d'un atelier, les jeunes écriront des textes qu'ils pourront slamer ou rapper », indique Ahmed Ouanoufi, animateur au CSC. Un week-end de « restitution » des ateliers est prévu mi-septembre.