Un « Premier Cru » dans le vignoble

Alexia Ighirri

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Des lieux-dits " Premier Cru "pourraient être créés. (Archives)
Des lieux-dits " Premier Cru "pourraient être créés. (Archives) — G. VARELA / 20 Minutes

La hiérarchisation des terroirs avance. L'association des viticulteurs d'Alsace (AVA) planche sur une nouvelle appellation : « Premier Cru ». Une nouvelle strate pourrait en effet se créer entre les appellations « Alsace » et « Grand Cru ». Elle ne concernerait que les lieux-dits, souvent connus pour leurs historiques plus riches.

« Dans les pratiques viticoles, beaucoup utilisent la mention de lieux-dits ou de villages en complément de l'AOC*»Alsace«, remarque Olivier Humbrecht, du Domaine Zind Humbrecht, à Turckheim. Pour le consommateur, voir plein de noms sur une étiquette peut prêter à confusion. » Dans un souci de clarté, l'AVA souhaite voir si certains lieux-dits peuvent sortir du lot par rapport à l'appellation « Alsace ». Et ainsi signifier par un terme explicite qu'à l'instar des actuels 51 « Grands Crus » alsaciens, les « Premiers Crus » ont quelque chose de spécifique. Une qualité particulière répondant à un cahier des charges plus sévère et demandant plus d'efforts aux producteurs, ce qui justifierait les quelques euros en plus déboursés par le consommateur.

« Les avis ne seront pas unanimes »


Aujourd'hui, entre 200 et 400 lieux-dits se déclarent en moyenne par an, mais ne représent que 10 % de la production des vins d'Alsace.

Le projet «Premier Cru», qui n'en est qu'à ses balbutiements, n'est par ailleurs pas forcément une évidence. Parmi les 4 500 membres que compte l'AVA, « bien sûr les avis ne seront pas unanimes, concède Frédéric Bach, directeur de l'AVA. La profession viticole alsacienne va décider si ces lieux-dits peuvent avoir une appellation chapeau... Est-ce qu'on fait quelque chose de très simple, avec peu de différenciation qualitative et de prix, ou est-ce qu'on continue à augmenter les restrictions pour l'appelation Premier Cru ? On est plutôt parti pour ça. »

Il reste cependant prudent puisque rien n'est acté. « Il nous faut encore le temps de la réflexion », estime Frédéric Bach. Le directeur table sur une échance d'ici à plusieurs années.