Un fléau alsacien à prévenir et encadrer

Alexia Ighirri

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Un guide, premier du genre, 
a été édité à 3 000 exemplaires.
Un guide, premier du genre, a été édité à 3 000 exemplaires. — G. VARELA/20 MINUTES

Le constat n'est pas très flatteur. L'agence régionale de santé (ARS) Alsace a fait, mardi, l'état des lieux des conduites addictives dans la région, surtout chez les jeunes. En 2011, si la consommation d'alcool et de tabac est, en général, proche du niveau national, l'usage quotidien de cannabis est supérieur au reste de la France (4 % en Alsace contre 3 % en France). Pire, l'expérimentation d'héroïne par les jeunes Alsaciens est nettement supérieure à la moyenne nationale avec 2 % contre 0, 9 % dans le reste du pays.

De la prévention aux soins


Parmi les régions de France, l'Alsace est 4e au niveau des interpellations pour détention de drogue et 1re pour la vente de Subutex* (51 boîtes/100 habitants en Alsace contre 24, 2 en moyenne en France). « Ce sont des consommations qui ne sont pas négligeables. Mais c'est plutôt un bon point que le Subutex soit utilisé : il y a donc plus de gens qui cherchent à se soigner », juge Marie-Christine Laurent, de l'ARS. Ces addictions comptent « parmi les premières inquiétudes des élus, des professionnels et des éducateurs », avance Laurent Habert, directeur général de l'ARS. L'agence compte donc « développer une filière, de la prévention aux addictions jusqu'aux soins ».

Première étape : la diffusion, en 3 000 exemplaires et sur le site Internet de l'ARS, d'un guide global sur l'addictologie présentant la politique menée dans la région ainsi qu'un annuaire de structures intervenant dans ce domaine. Une première en Alsace.

■ « Salle de shoot »

Une « salle de shoot » sera-t-elle installée à Strasbourg ? La réponse devrait tomber fin mars, espère Laurent Habert, qui y voit « un maillon supplémentaire » pour amener progressivement les toxicomanes vers les soins.