« J'ai un peu la pression »

Propos recueillis par Floréal Hernandez

— 

Championne de France en salle du 3 000 m marche en février, Emilie Tissot (19 ans) retrouve le plein air, dimanche, à Lugano. Désormais Espoirs, la Wantzenauvienne ne s'aligne plus sur 10 km mais sur 20 km. Une première sortie dans l'inconnu pour la licenciée de l'Alsace Nord Athlétisme.

Emilie, dimanche à Lugano, ce sera votre premier 20 km marche. Comment l'appréhendez-vous ?

Pour ne rien vous cacher, je suis plutôt stressée. Passer de 10 à 20 km, c'est une grosse transition. C'est mon tout premier 20 km, je ne sais pas comment je vais réagir. Un meeting, ce n'est pas un entraînement et là, il y a des Russes, des Ukrainiennes… J'ai un peu la pression (

sourire

).

Quelles sont les difficultés du 20 km marche ?

C'est essentiellement la gestion de la course. Sur un 10 km, on peut partir vite et tenir un rythme dur jusqu'à la fin. Là, sur 20 km, on ne peut partir trop vite car il faut garder des ressources pour le deuxième 10 km et ne pas craquer après le quinzième.

Comment vous êtes-vous préparée à doubler votre distance de marche ?

J'ai fait énormément de sorties longues. J'ai aligné des kilomètres, des kilomètres, des kilomètres. Près de cent par semaine pour avoir un bon foncier.

ç

a n'a pas été trop dur de sortir s'entraîner cet hiver ?

Je dois avouer que j'ai eu un peu de mal. D'autant que je m'entraîne entre 20 h et 22 h après mes cours [Emilie Tissot est étudiante en kiné en Allemagne]. J'attends que mon père rentre du boulot pour qu'il m'accompagne à vélo. Je marche avec une lampe frontale, des moufles de ski et trente-six pulls (

rire

). C'est un peu galère.