Le PE s'offre son siège à Strasbourg

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Feuilleton terminé. Après six mois de polémique, la ville de Strasbourg et le Parlement européen (PE) ont signé hier midi un accord entérinant le rachat, par ce dernier, des quatre immeubles qu'il louait à la municipalité. Selon le texte cosigné, l'institution versera 143,125 millions d'euros pour acquérir les bâtiments. Côté ville, la signature est perçue comme un soulagement. Elle traduit « la volonté du Parlement de se conforter dans sa ville siège », avait souligné quelques heures plus tôt la maire (UMP), Fabienne Keller. Une interprétation confirmée par Josep Borrell, président du Parlement, pour qui le PE restera en Alsace « tant que le Conseil [qui regroupe les Etats membres] ne prendra pas de décision contraire ».

Alors que les eurodéputés hostiles au siège strasbourgeois multiplient les initiatives pour que Bruxelles soit l'unique ville accueillant les sessions, cette signature apparaît comme une bonne nouvelle. Lors de la signature, Fabienne Keller a tenu à remercier l'Etat français. En ajoutant 11,875 millions d'euros à la tirelire de la mairie, pour compenser la différence entre l'offre initiale de la ville et celle du PE, la France a largement aidé à débloquer l'affaire. Cette contribution fut également saluée lors du conseil municipal extraordinaire organisé dans la matinée pour valider l'accord, qui devait être ensuite signé au Parlement. Une séance « historique » selon Robert Grossmann, président (UMP) de la CUS, au cours de laquelle le PS a voté en faveur du texte. Un soutien qui n'a pas empêché la présidente du groupe, Catherine Trautmann, de regretter que « l'image de la ville ait été profondément ternie toutes ces semaines ».

J. B.

Si la date de la signature des actes de cession n'a pas encore été déterminée, elle interviendra en tout cas avant le 31 octobre, indiquent la ville et le Parlement. En 2004, le PE avait déjà acquis le bâtiment Louise-Weiss.