A Kléber, les médias montrés du doigt

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Le personnel du collège-lycée Kléber aimerait désormais tourner la page. Certes, l'agression, vendredi, d'un élève de l'établissement devant l'arrêt de tram qui dessert le lycée, a choqué. Mais hier, c'est surtout le traitement médiatique qui agaçait. « Radios, télés et journaux s'en sont mêlés, ça ressemble à du voyeurisme. Il ne faudrait quand même pas exagérer l'importance de cette affaire », explique Louis Kolmer, professeur d'EPS.

Les faits ne sont pourtant pas anodins. Agée de 17 ans, la victime a été passée à tabac par une quinzaine de jeunes, extérieurs au lycée, apparemment pour une simple histoire de regards échangés. Plusieurs de ses camarades auraient assisté à la scène sans intervenir, d'autres allant jusqu'à filmer l'action. « Ils étaient grands, comment voulez-vous faire ? », lâche une collégienne, qui dit avoir « tout vu ». Un professeur souhaitant garder l'anonymat prend la défense des témoins. « Difficile pour des collégiens ou des lycéens d'agir dans ces circonstances, surtout quand on a affaire à toute une bande. » Quand il s'est aperçu qu'une bagarre éclatait, l'enseignant s'est rendu vers l'attroupement, avec d'autres membres du personnel. « Ça a suffi pour les faire s'enfuir », indique-t-il. Il n'empêche, le fait que des élèves aient filmé l'agression choque certains lycéens. « Ils auraient au moins pu se servir des portables pour appeler la police », avance Houria, 18 ans.

Les enquêteurs ne disposent pour le moment que d'un seul film de l'agression, récupéré sur le téléphone portable d'un mineur suspecté d'avoir participé au règlement de compte. Avant son arrestation, il aurait eu le temps de diffuser ces images sur Internet.

Jonathan Barbier

Au total, six personnes, dont cinq mineurs, ont été interpellées. Trois d'entre elles ont été déférées hier matin devant le parquet. Une information judiciaire pourrait être ouverte prochainement à leur encontre.