À la Meinau, la renaissance de l'ex-usine Junkers

Thomas Calinon

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G. Varela / 20 Minutes

Sacrée histoire que celle de l'ancien site Junkers, dans la zone d'activités de la Plaine des Bouchers, à la Meinau. A partir de 1911, il fut occupé par l'usine automobile Mathis. Celle-ci fut réquisitionnée durant la Seconde Guerre mondiale au profit de la firme allemande Junkers, qui produisait des avions. C'est de cette époque que date l'étrange bâtiment en briques subsistant au 33,  rue du Maréchal Lefebvre. D'une surface de 4 000 m2, il se distingue par ses 24 tours carrées, hautes de 12 m et ouvertes à leur sommet, qui servaient de bancs d'essais pour les moteurs d'avions révisés sur place. Puis il est passé entre les mains de la Marine et d'une entreprise de location d'engins, avant d'être racheté en 2001 par Alain Kiffel, patron d'une entreprise de rénovation de gros œuvre. « J'ai eu un coup de cœur pour ce bâtiment chargé d'histoire, dont l'entretien ne pouvait être assuré que par une entreprise de construction », raconte-t-il. Depuis, l'ex-usine Junkers revit.

Dans un décor hors du commun, éclairé par les bancs d'essais transformés en puits de lumière, des locaux ont été aménagés pour 11 entreprises et près de 150 emplois. Des planchers ont été créés grâce à la pose de structures métalliques, sans toucher à l'ossature du bâtiment, inscrit à l'inventaire des monuments historiques. Les locataires sont des entreprises artisanales. « L'avantage du lieu, c'est les volumes et la patine qui s'en dégage, c'est très inspirant », observe Michel Herrgott, cogérant de MG Déco, une entreprise de décoration intérieure. « C'est un lieu avec une dimension internationale qui manquait à cette ville que j'adore », ajoute Alexandre Lesmes, gérant d'Avila Factory, qui héberge dans un loft de 280 m2 des coiffeurs, une esthéticienne et une agence de relooking. Mais l'entretien du site coûte cher. Près de 100 000 € par an, selon Alain Kiffel.