Opération séduction chez les cochons

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Environ 10 % des porcs consommés en Alsace proviennent d'élevages régionaux, le reste étant essentiellement produit en Bretagne et aux Pays-Bas. Ce dimanche, la filière porcine organise une opération séduction. En Alsace, c'est Paul Urban qui ouvrira les portes de sa porcherie à Baldenheim. Son exploitation compte deux cents truies reproductrices et quelque cinq mille porcs envoyés à l'abattoir chaque année. Pour cet éleveur, ce qui compte plus encore que les retombées commerciales, « c'est de rétablir un vrai rapport de proximité et de confiance avec le consommateur ».

Un objectif que poursuivent la coopérative Copvial et l'association des éleveurs de porc alsacien Elvatral : toutes deux jouent sur la fibre régionaliste du consommateur local, qui n'est pas uniquement friand de knacks et de cervelas. Trois marques régionales de viande de porc certifiées CQC (critère qualité certifiée), l'équivalent du Label rouge bovin, s'inscrivent dans cette démarche et répondent à un cahier des charges précis. « Pas de farines animales, ni d'hormones dans l'alimentation, précise Julie Demay, responsable de la qualité à la Copvial. Et surtout, les bêtes arrivent moins stressées à l'abattoir. » Ainsi, après le transport en camion, les porcs sont douchés afin de les apaiser avant leur mise à mort. Cette politique de « bien-être animal » est notamment soutenue par la chambre de consommation d'Alsace, car le résultat se constaterait aussi dans l'assiette : la viande serait moins grasse et plus tendre.

Michel Zuber

Les 170 éleveurs de la région produisent 164 000 porcs par an, sur 25 millions en France. En moyenne, un Alsacien consomme 45 kg de porc par an, soit 10 kg de plus que la moyenne nationale.