Les onéreuses « libéralités de gestion » de la CUS

Thomas Calinon

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«Suivi perfectible », « irrégularités » parfois « onéreuses », « absence de suivi », « bilans sociaux imprécis ou inexacts »… La première page de la synthèse du rapport rédigé par la Chambre régionale des comptes au sujet de la gestion du personnel de la ville et de la communauté urbaine de Strasbourg (CUS) donne le ton. 20 Minutes s'est procuré ce document dévoilé mercredi par Les Dernières Nouvelles d'Alsace. Il porte sur la période 2005-2011, soit la fin du mandat de Fabienne Keller et Robert Grossmann (UMP) et le début de celui de Roland Ries et Jacques Bigot (PS), et il doit être rendu public vendredi, lors du conseil de communauté.

Taux d'absentéisme élevé


Parmi les pratiques pointées par la Chambre, l'une concerne l'avancement d'échelon à la durée minimum d'ancienneté, qui « était et reste la règle au sein des deux collectivités, ce qui est contraire aux textes ». Le surcoût est évalué à 3, 21 millions d'euros pour l'année 2010. L'organe de contrôle relève aussi l'échec d'un « plan de réduction de l'absentéisme », mis en place en 1999 alors que le nombre moyen annuel de jours d'absence par agent était de 22. En 2010, il était passé à 38. Quelques lignes plus loin, le rapport évoque «les congés de maladie sans certificats, autorisés pour les arrêts de travail n'excédant pas une journée, et dans la limite de trois jours d'arrêt, non consécutifs, durant l'année ». Leur nombre a progressé de 3 991 en 2007 à 4 922 en 2010. Soit une charge de 879 000 € qui a disparu avec l'instauration, en 2012, d'une journée de carence.

La Chambre constate encore que les agents de la collectivité disposent de cinq jours de congés supplémentaires par rapport aux textes applicables à la fonction publique territoriale, ce qui engendre une dépense de 6 millions d'euros en 2010. Elle estime au final que « le surcoût engendré par les libéralités et irrégularités de gestion peut être chiffré à 14, 2 millions d'euros en 2010 ».

■ La ville et les syndicats pour l'instant muets

La ville et la CUS n'ont pas souhaité commenter ce document. Elles attendent qu'il soit présenté aux élus. Dans leur réponse à la Chambre, elles ont notamment regretté que le rapport « ne rende pas compte du niveau d'engagement, de disponibilité et de réactivité des services ». Des réunions pour traiter les points problématiques sont prévues avec les syndicats, qui doivent organiser une conférence de presse sur ce sujet.