Un pôle espoir féminin ouvre à Strasbourg

Floréal Hernandez

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Aucune jeune fille alsacienne n'est aujourd'hui dans l'un des six pôles espoirs féminins créés depuis 2009 par la Fédération française de football. « Elles n'ont pas la possibilité d'en intégrer un car ils sont trop éloignés », constate Sandrine Ringler, cadre d'animation technique féminin à la Ligue d'Alsace. Pour remédier à ce problème, en septembre, un pôle espoir féminin va ouvrir au Lycée Jean-Monnet de Strasbourg. « Ce pôle termine le maillage du territoire », affirme Guy Ferrier, entraîneur de l'équipe de France U17 championne du monde 2012 avec 70 % de filles sortant de pôles.

Le pôle espoir féminin de Strasbourg a vocation d'accueillir des Alsaciennes mais également des Lorraines et des Franc-Comtoises, toutes lycéennes en 2nde, 1re et Terminale. « En septembre, nous n'ouvririons que deux classes, l'une de 2nde, l'autre de 1re, pour que les premières filles à intégrer le pôle aient au moins deux années de formation », explique Ringler.

Elever le niveau de la D1 et de la D2


Les huit internes de 2nde seront sélectionnées lors d'un concours national du 27 au 29 mai, celles de 1re le seront régionalement. Les jeunes filles s'entraîneront du lundi au vendredi, deux heures quotidiennement – Ringler espère sur les terrains du centre de formation du Racing, ce qui n'est pas encore acquis –, et auront un suivi médical, psychologique et scolaire.

Avec ce nouveau pôle, dont le budget de fonctionnement est estimé à 130 000 € financés « à 70 % par la Fédération, 15 % par la LAFA et il y a encore un tour de table à faire avec les collectivités pour les 15 % restant », indique Ilan Blindermann, le DG de la Ligue d'Alsace, la FFF formera chaque année 56 joueuses par tranche d'âge. « ça va permettre d'irriguer les clubs de D1 et de D2, annonce Ferrier. Dans six ou sept ans, nos championnats seront d'une meilleure qualité. ça va aussi permettre à l'élite régionale un développement supérieur. » Car le Grand Est n'a qu'un seul club en D1 Vendenheim, la Franche-Comté n'a même aucun club de niveau national.

■ Un pôle ouvert aux Allemandes

Une ou deux Allemandes pourraient rejoindre le pôle espoir de Strasbourg par tranche d'âge. L'idée a été émise par la Ligue d'Alsace et rencontre un avis favorable du côté des instances fédérales. « C'est une très bonne idée, félicite Noël Le Graët, le président de la Fédération française de football. Je suis persuadé qu'à terme, ce sera l'un des meilleurs centres de France. »