Le triple sauteur strasbourgeois espère voir double

Floréal Hernandez

— 

Benjamin Compaoré lors des qualifications du triple saut, aux JO de Londres.
Benjamin Compaoré lors des qualifications du triple saut, aux JO de Londres. — P. Noble / Reuters

Benjamin Compaoré envisage d'aller à Göteborg en deux sauts. Le Strasbourgeois a déjà réalisé les minima pour aller aux championnats d'Europe en Suède au triple saut grâce à ses 16, 86 m du meeting de Val-de-Reuil. A Aubière, lors des championnats de France en salle, ce week-end, le licencié du S2A va tenter d'obtenir son billet à la longueur (minima fixés à 7, 95 m).

« L'ambition aux»France«, c'est de conserver mon titre au triple saut. La longueur, c'est un petit bonus », explique Compaoré. Un bonus qu'il s'octroie, car aux « France » comme aux « Europe » le triple saut est programmé avant la longueur. « Chaque année, j'ai envie de me faire plaisir avec cette discipline, car je sais que j'ai un potentiel en longueur. Mais à chaque fois, j'ai un souci physique qui m'en empêche hormis à un meeting en début ou en fin de saison. Là, je me sens bien, j'en profite pour doubler. »

S'il s'aligne à la longueur, le triple sauteur de 25 ans ne s'y est pas spécifiquement préparé. « J'ai fait une seule séance, il y a quinze jours. » Et il a sauté à Val-de-Reuil à 7, 55 m. S'il y a une course d'élan et un saut à la longueur comme au triple saut, les deux disciplines sont bien différentes. « A la longueur, on prépare une impulsion alors qu'au triple, on prépare un passage sur la planche », explique Compaoré.

« Enfin m'exprimer à 100 % »


Le Strasbourgeois admet que la longueur peut le « desservir » pour le triple saut. « ça peut me donner de fausses informations. La recherche de l'impulsion peut me donner une mauvaise posture pour le triple », détaille le champion du monde junior 2006 du triple saut.

Compaoré n'aborde pas 2013 comme l'année 1 de l'olympiade qui doit l'emmener à Rio en 2016. « Je ne fonctionne pas sur des cycles de quatre ans. Chaque année, je me fixe un objectif fort. 2010, c'était les Europe de Barcelone, 2011 les Mondiaux de Daegu, 2012 les JO de Londres. Là, en 2013, ce sont les Mondiaux de Moscou [en août]. » Pour Göteborg comme pour Moscou, Compaoré ne parle pour l'instant ni de podium ni de médaille. « Avant Daegu [8e] ou Londres [6e], je suis arrivé diminué après une blessure qui a tronqué ma préparation. J'aimerais pouvoir m'exprimer à 100 % et on verra alors le résultat. »