Pleins phares sur la bande dessinée

Thomas Calinon

— 

G. VARELA /20 MINUTES

Le prix Jeunes talents du Festival international de BD d'Angoulême a des allures de triomphe pour la Haute école des arts du Rhin (ex-Arts déco). Premier lauréat : Eugène Riousse, élève en 5e année ; deuxième : Maxime Garcia, diplômé en 2010 ; troisième : Matthieu Chiara, en 5e année également.

« ça confirme le haut niveau de l'atelier illustration, créé en 1972 par Claude Lapointe, estime David Cascaro, directeur de l'école. Chaque année, on a des étudiants qui sont récompensés, et là, c'est une sorte de consécration. On est sans cesse soumis à des évaluations et c'est important d'obtenir ces signes de reconnaissance objectifs. »

Revues et fanzines


L'option illustration attire une soixantaine d'étudiants. « L'essentiel des dessinateurs qui y enseignent sont des professionnels qui incitent les étudiants à s'inscrire à ces concours. C'est vraiment une formation professionnalisante », insiste David Cascaro.

En dehors des cours, « il y a aussi une émulation, un travail de groupe », note Eugène Riousse. Avec deux autres étudiants, il a créé une revue, Vignette, diffusée en librairie. Matthieu Chiara les a rejoints. « Les étudiants sont à l'origine de pas mal d'initiatives de ce type », pointe ce dernier. Il cite plusieurs titres de fanzines nés à Strasbourg : Nyctalope, Psoriasis, Supercombo… « Il y a aussi des associations comme les Rhubarbus et des maisons d'édition comme 2024 ou l'Institut Pacôme, poursuit Fabien Texier, membre de l'association Central Vapeur, qui organise à Strasbourg le festival d'illustration et de BD du même nom. Il y a une vraie richesse ici, un panel impressionnant de talents. C'est une tendance bien ancrée depuis des dizaines d'années, mais qui a longtemps été peu visible. » Peut-être parce qu'après leur scolarité, assez peu d'étudiants restent à Strasbourg. « On est attentifs à ce qu'ils puissent s'installer durablement », assure pourtant David Cascaro, souhaitant « une meilleure visibilité de cet écosystème.»