à grands coups de Latt

Sébastien Ruffet

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Pour devenir champion du monde en 2012, Benjamin Latt s'est astreint à quatre entraînements par jour.
Pour devenir champion du monde en 2012, Benjamin Latt s'est astreint à quatre entraînements par jour. — J.-F. Badias / 20 Minutes

Si vous ne le croisez pas torse nu, vous l'imagineriez volontiers étudiant en mathématique. Mais il n'y a qu'à regarder ses vidéos de préparation sur YouTube pour se rendre compte que Benjamin Latt, 25 ans, est un athlète hors du commun. Vexé de perdre en finale des Mondiaux 2008, « à cause d'irrégularités », selon lui, battu en finale de l'Euro 2010, le canniste décide de tout mettre en œuvre pour éviter les mauvaises surprises.

« Je me suis entraîné trois à quatre fois par jour. Footing le matin avant d'aller bosser, musculation entre midi et 14 h, et double ration de combat et de physique le soir. » Quatre mois durant, Latt a suivi ce rythme endiablé, ponctué par son travail de manutentionnaire, pas nécessairement reposant. Le résultat : à Saint-Herblin, près de Nantes, il rafle le titre mondial en septembre dernier, en ne concédant que quatre touches tout au long de la compétition, infligeant même un 6-0 à son adversaire en finale.

Coups de vice en visant les mains


En plus de sa faculté hors norme à décrypter les mouvements de son assaillant, le Schilikois possède désormais l'expérience : « On apprend les petits coups de vice, comme viser les mains de temps en temps. Et si seule la touche compte, on peut la frapper plus ou moins forte… » Dans sa combinaison grise et sous son casque rose, Latt terrorise désormais la planète de la canne de combat, sport méconnu, seulement codifié au début des années 1980. « Avant, on se battait torse nu et c'était au premier qui abandonnait », glisse-t-il en historien passionné de sa discipline. Samedi et dimanche, Latt défendra son titre par équipes au tournoi international de Paris. En février et mars, il remettra en jeu ses titres de champions de l'Est et de France. Son palmarès est appelé à s'étendre. ■

■ Fighting Games

En octobre, Saint-Pétersbourg accueillera les Fighting Games, JO des sports de combat (karaté, savate, sambo…). Les huit meilleurs de chaque discipline sont invités. Benjamin Latt convoite ce titre majeur.