Le professeur Seiamak Bahram avec une partie de son équipe.
Le professeur Seiamak Bahram avec une partie de son équipe. — Jean-François Badias/20Minutes

Strasbourg

Une nouvelle arme anti-cancer

Recherche Elle est développée à Strasbourg

C'est un changement de paradigme. Plutôt que d'essayer de détruire les cellules cancéreuses par la chimiothérapie, il serait possible de changer leur comportement pour les rendre à nouveau normales. C'est le concept que développe depuis trois ans une équipe pluridisciplinaire de six chercheurs strasbourgeois, réunissant autour du professeur Seiamak Bahram des médecins, des biologistes et des mathématiciens de l'Inserm et de l'université.

Une cartographie des gènes


Leur champ d'action est celui de la « biologie à haut débit », explique le professeur : « Au lieu d'étudier les cellules gène par gène, on étudie la totalité des gènes à la fois, pour avoir un schéma global. A partir de là, on a comparé les différences entre des cellules saines et des cellules cancéreuses. » Pour illustrer son propos, Seiamak Bahram dresse une comparaison avec les hubs, ces grands aéroports où les compagnies aériennes font converger leur trafic. « On a modélisé mathématiquement l'organisation des gènes pour définir un réseau et comprendre les interactions. Les hubs, ce sont des gènes qui peuvent en activer plusieurs autres. Pour modifier le comportement de la cellule, il faut les identifier et agir sur eux. Et grâce à notre modèle mathématique, nous pouvons prédire les résultats de l'intervention sur un hub ».

Les chercheurs ont validé ce modèle par des expériences biologiques sur des cellules cancéreuses. « Ce type de concept peut être appliqué à d'autres pathologies », comme le rejet d'une greffe, assure le professeur Bahram. Mais avant de parvenir à un usage thérapeutique, il faudra affiner le modèle mathématique et multiplier les validations biologiques. Ce qui représente « encore des années de travail ». ■