Trois incendies volontaires à l'hôpital

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Les 23 hectares et les 45 bâtiments de l'hôpital civil de Strasbourg étaient hier sous haute surveillance. Habillés en civils, plusieurs policiers ont discrètement vérifié les allers et venues dans cette vaste zone, afin d'empêcher toute nouvelle tentative d'incendie. Samedi, ce sont trois foyers, dont aucun n'a fait de victimes, que les pompiers ont dû circonscrire : vers 15 h, deux premiers départs de feu ont d'abord été signalés, pratiquement simultanément, dans la lingerie du sous-sol du bâtiment de chirurgie A et dans la salle d'archives du pavillon voisin de chirurgie thoracique.

Rapidement sur place, les 70 pompiers sont à nouveau intervenus une heure plus tard alors qu'un brancard et sa couverture flambaient dans le sous-sol du pavillon de diabétologie. Un scénario tendant à écarter la thèse de l'accident, ce qu'a d'ailleurs confirmé l'expert en incendie des sapeurs pompiers mandaté par le parquet de Strasbourg. Durant une grande partie de la journée d'hier, il a fouillé les trois sites à la recherche d'indices. « Ses premières conclusions confirment la thèse d'incendies volontaires », indiquait-on de source policière. Plusieurs auditions devraient avoir lieu cette semaine, mais il apparaît déjà que l'enquête ne sera pas simple, aucun témoin oculaire n'ayant assisté aux départs de feu. Du côté des dégâts, le pire a été évité : l'incendie n'a, semble-t-il, pas gravement affecté la structure des bâtiments. Dans le pavillon A, la suie recouvre encore les murs après la propagation de la fumée par la cage d'escaliers. En revanche, le fonctionnement des deux autres unités n'a pas été perturbé.

Jonathan Barbier

Exposés à la fumée, 35 patients du service de cardiologie ont dû être évacués lors de l'incendie. Personne n'a été blessé et les malades ont ensuite été transférés vers le CHU de Hautepierre.