Louis-Pasteur dit adieu à son réacteur

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L'unique réacteur nucléaire français destiné à la recherche universitaire sera bientôt démantelé. Entré en fonction en 1966 et situé sur le campus de Cronenbourg, le réacteur, qui dépend de l'université Louis-Pasteur (ULP), n'est plus en activité depuis 1997. « Le démantèlement débutera à la mi- septembre et durera onze mois », a précisé Alain Gérard, directeur de cabinet de la préfecture du Bas-Rhin. L'ULP veut reconvertir le bâtiment en lieu de formation conventionnel, les étudiants en physique nucléaire s'exerçant désormais grâce à la simulation numérique.

Même si le combustible qui permettait le fonctionnement du réacteur a été déménagé en 2000, l'opération de « déclassement nucléaire » demeure complexe. Au total, 720 tonnes de matériaux, essentiellement du béton, seront démontés. « Les deux tiers sont conventionnels », précise le professeur Jean-Claude Sens, chef de projet à l'ULP. Le reste des déchets est classé en deux catégories : faiblement et très faiblement radioactifs. Conditionnés sur place dans des conteneurs adaptés, ils seront ensuite évacués vers des sites de stockage spécialisés dans la gestion des déchets radioactifs. Question sécurité, l'agence de sûreté du nucléaire, qui participe à l'opération, assure que l'exposition des ouvriers à la radioactivité sera très largement inférieure à la dose autorisée. Idem pour la population voisine : les scénarios d'incidents durant le démantèlement auraient révélé une contamination bien inférieure aux quantités acceptables par le corps humain.

Jonathan Barbier

Le chantier, d'un montant de 3 millions d'euros, est financé par le ministère de l'Education nationale. L'équipe de la société privée qui interviendra dans le réacteur sera composée de sept à huit personnes.