Le rêve américainau bout des cordes

Alexia Ighirri

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Le guitariste Freddy Koella vit désormais à Los Angeles.
Le guitariste Freddy Koella vit désormais à Los Angeles. — Mathias Clamer

De l'Alsace à Los Angeles, il n'y a eu… que l'espace d'un manche à guitare pour Freddy Koella. L'enfant de Mulhouse, amoureux des instruments à cordes, issu d'une famille de mélomanes et ancien élève des conservatoires haut-rhinois, a, à 54 ans, multiplié les collaborations artistiques.
En France d'abord, avec Zacchary Richard ou Cookie Dingler. « Et puis, en 1990, il fallait que je prenne une décision, raconte Freddy Koella. Mon ami, le luthier James Trussard, m'a dit de contacter Willy Deville qui cherchait un guitariste. C'est ce que j'ai fait. Et je suis parti, parce que je ne me voyais pas d'avenir en France : la variété française ne me parlait pas du tout ». Pendant 12 ans, Freddy Koella a accompagné le chanteur. Puis est arrivé Bob Dylan. « Je fatiguais un peu de Willy, mais on est resté en bons termes. Disons que Dylan tombait bien », sourit celui qui a alors eu l'impression de vivre son rêve américain. « ça m'a traversé l'esprit à ce moment-là. Je me suis dit « Waouh, quelle chance ! ». C'est un génie, un tel poète. Mais ensuite, la routine s'installe. C'est un boulot comme un autre. C'est juste que c'était un très bon job ! »

Il est revenu au violon
Dernière collaboration en date, celle avec Johnny Hallyday* sur son dernier album. « Finalement je lui ai peu parlé. Quand on a enregistré le disque à Bruxelles, il était en tournée, dixit le guitariste. Mais on se connaît, puisque j'avais déjà joué sur son album de blues ». Outre ces collaborations, le « taulier » lui évoque surtout un souvenir d'enfant : « Mon père m'avait emmené à la Foire aux vins de Colmar. On n'était pas au concert, mais, de l'extérieur, j'entendais la musique. J'étais fasciné… Mon père m'a dit que c'était Johnny qui chantait. »
Marié et père de deux filles, l'Alsacien, qui n'a d'ailleurs rien perdu de son accent, alterne désormais enregistrements et tournées. En attendant la concrétisation de certains projets, il travaille avec le producteur Larry Klein, pour qui il a « lâché sa guitare » et est revenu à son autre instrument de prédilection, le violon.