Heureux occupants du PH8

Thomas Calinon

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Les entreprises ont présenté leurs innovations à la ministre Nicole Bricq.
Les entreprises ont présenté leurs innovations à la ministre Nicole Bricq. — G. varela/20minutes

La configuration de la salle de réunion commune du 1er étage, en forme de croissant de lune, est loin d'être optimale. Elle n'est pas équipée d'une connexion Wi-Fi. Et le bâtiment, dans son ensemble, ne dispose pas du très haut débit. Voilà pour les critiques. Pour le reste, les sept entreprises (53 emplois) des secteurs des technologies numériques ou médicales implantées au PH8 (pour 8, place de l'Hôpital), une pépinière de startup innovantes inaugurée lundi par la ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, ne trouvent que des avantages à leurs nouveaux locaux.

« Un bâtiment de prestige »
Victoire de Margerie met d'abord en avant un environnement global favorable. « On est près du marché allemand, il y a une communauté universitaire de première classe, un tissu de sous-traitants compétents et une main-d'œuvre très qualifiée », liste la président de Rondol Industrie, qui produit des micro-équipements pour les applications pharmaceutiques. Il y a le bâtiment ensuite. Construit en 1866 au cœur de la ville, l'édifice de style néoclassique est proche du tramway et fait face à l'entrée de l'hôpital civil. « C'est important pour notre image d'être dans un bâtiment de prestige, au centre-ville, indique Maurice Bérenger, PDG de Protip, qui développe des larynx artificiels. ça fait comprendre à nos clients qu'on n'est plus une entreprise balbutiante. ça rassure. Et pour nous, c'est vraiment un avantage d'être très proche de l'hôpital où l'on teste nos produits. » Pour Christophe Thil, fondateur de l'agence d'e-reputation Blueboat, disposer de locaux au PH8 sera aussi « un plus en termes de recrutement pour attirer des compétences de l'extérieur ».
Au quotidien, le bâtiment permet aussi des échanges entre salariés des différentes entreprises. Nicole Bricq y voit un potentiel : « Mon rêve, c'est qu'elles s'exportent ensemble à l'étranger. » Mais pour l'heure, les intéressés en sont seulement au stade des projets et des coups de mains informels.

Un investissement de 250 000 euros

Le PH8 a d'abord servi à l'enseignement de la médecine. Ces dernières années, le bâtiment était utilisé comme annexe par l'ENA. La CUS l'a récupéré début 2012 et a investi 250 000 € pour transformer 700  m2 en hôtel d'entreprises. Le site préfigure le futur « campus des technologies médicales » qui doit voir le jour au sein de l'hôpital civil.