Les brasseries craignent de boire la tasse

thomas calinon

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Environ 250 personnes ont dénoncé le projet de loi examiné ce mardi au Sénat.
Environ 250 personnes ont dénoncé le projet de loi examiné ce mardi au Sénat. — g.varela/20minutes

«Touche pas à ma bière ! » « Sauvons la bière made in Elsass ! » Rassemblés hier à 18 h, sur la place Broglie, à Strasbourg, patrons et salariés des brasseries alsaciennes portaient les mêmes badges et les mêmes banderoles. Dans leur collimateur, le projet de loi de financement de la sécurité sociale, examiné mardi au Sénat, qui prévoit une augmentation de 160 % des taxes sur la bière. « C'est injuste et dangereux, tempête Michel Haag, patron de la brasserie Meteor et président du syndicat des Brasseurs d'Alsace, qui produisent 6 bières sur 10 en France. La bière va être taxée quatre fois plus que le champagne et au niveau du degré d'alcool, ce sera 22 fois plus que le vin. Cela risque de faire baisser nos ventes alors qu'une brasserie comme Meteor est déjà juste à l'équilibre… »

« Impôt confiscatoire »
« Je ne sais pas si ça menace directement l'emploi, mais cette taxe serait un coup dur pour le monde brassicole », qui représente 1 500 postes en Alsace, observe Didier, vêtu d'une parka jaune fluo de la brasserie Heineken de Schilitigheim. « A force de jouer avec le feu, on finit par se brûler. Augmenter les taxes de 160 %, c'est juste inacceptable ! », s'emporte son collègue Thierry. Raphaël Nisand (PS), maire de Schiltigheim, capitale historique de la bière, dénonce lui aussi « un impôt confiscatoire et injuste dans la mesure où il ne frappe que la bière ». « Ils vont tuer la poule aux œufs d'or avec leurs bêtises », peste-t-il.