Un bon coup de jus de choucroute

Thomas Calinon

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Le méthaniseur a coûté 3,5 millions d'euros sur un projet global de 23 millions d'euros.
Le méthaniseur a coûté 3,5 millions d'euros sur un projet global de 23 millions d'euros. — G.VARELA/20MINUTES

C'est une station de traitement des eaux usées pas banale qui est inaugurée* ce vendredi entre Krautergersheim et Meistratzheim, à 25 kilomètres au sud de Strasbourg. Comme l'annoncent le Syndicat intercommunal du bassin de l'Ehn, qui l'a fait construire, et la Lyonnaise des Eaux, qui l'exploite, il s'agit de « la première station en France à produire de l'énergie à partir de la choucroute ». De jus de choucroute, plus précisément, que l'on trouve en grande quantité dans les environs de Krautergersheim, capitale de la choucroute. « Il faut 2 kg de choux pour produire 1 kg de choucroute. Tout ce qui manque, c'est du jus », certifie Jean-Luc Meyer, le patron de choucrouterie Meyer-Wagner, l'une des onze installées dans le secteur.

Fort potentiel
Ces jus de choucroute « sont très acides et ils corrodent les canalisations en béton », témoigne Anne Roth-Boucard, directrice du Syndicat intercommunal. Leur rejet dans le réseau classique est donc interdit. Pour les retraiter, « les choucroutiers devaient envoyer des camions à la station d'épuration de Strasbourg. Alors les élus ont voulu trouver une solution locale à cet enjeu local .»
C'est chose faite avec la nouvelle station. Elle est dimensionnée pour 60 000 habitants et peut en plus traiter 30 000 m3 de jus de choucroute par an. « Un digesteur et un méthaniseur produisent du biogaz à partir des boues d'épuration et du jus de choucroute, qui a un fort potentiel énergétique », décrit Clément Ritter, de la Lyonnaise des Eaux. Ce biogaz devient ensuite chaleur et électricité, dans des quantités équivalentes à « la consommation énergétique annuelle de 1 542 Français ». Pour Jean-Luc Meyer et ses confrères choucroutiers, « les avantages sont multiples. Il y a d'abord la proximité, puis le fait d'avoir un équipement à la pointe du progrès et enfin l'image : notre jus de choucroute qui était un déchet devient en quelque sorte une richesse »