Les Alsaciens sont les plus exposés aux AVC

Thomas Calinon

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Une prise en charge rapide à l'hôpital est primordiale.
Une prise en charge rapide à l'hôpital est primordiale. — F. DURAND/SIPA

Lundi, l'Agence régionale de santé (ARS) lance une campagne de sensibilisation aux accidents vasculaires cérébraux (AVC). Ces pathologies, liées à l'obstruction d'un vaisseau sanguin du cerveau par un caillot de sang sont la troisième cause de mortalité en France. Et dans la région, l'information du public revêt un enjeu particulier. « En Alsace, constate Laurent Habert, directeur de l'ARS, on a plus d'AVC qu'ailleurs en France. Onze par jour. Et on les a plus jeune qu'ailleurs. » 28 % des patients hospitalisés ont moins de 65 ans, contre 24 % en moyenne nationale.
« On mange pas mal de fromages, de la charcuterie, on a une alimentation plutôt riche, explique le docteur Patrick Arnold, cardiologue. Les Alsaciens sont trop gros et ce surpoids fait qu'il y a beaucoup plus de diabétiques, d'hypertendus, de troubles du cholestérol… » Avec le tabac, ce sont les principaux facteurs de risques cardioneurovasculaires.

Appeler le Samu
L'enjeu de la campagne lancée par l'ARS est de réduire le risque de décès et de séquelles dus aux AVC. « Il existe aujourd'hui un traitement efficace, la thrombolyse, qui permet de diminuer le risque de mortalité par quatre et de multiplier les chances de récupération complète par quatre, indique Laurent Habert. Mais malheureusement, les symptômes des AVC sont beaucoup moins connus que pour les infarctus. Quand la bouche est déformée, quand un côté du corps est soudainement inerte, quand il y a des confusions dans l'expression de la personne, il faut appeler le 15. »
« Il faut absolument que les patients soient pris en charge assez tôt car au bout de six heures, les neurones sont morts. Il ne faut donc pas appeler le médecin traitant, mais le Samu, insiste le docteur Brigitte Hoelt, référente AVC de l'ARS. Comme ça, quand le patient arrive en milieu hospitalier, tous les professionnels et tout le plateau technique sont prêts à l'accueillir. »
Ces consignes seront rappelées lors d'un débat public organisé au Palais de la musique et des congrès, à Strasbourg, le 13 novembre.