Un salon plein d'occasions

Sébastien Ruffet

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Les clients ont découvert les « bonnes affaires » chez les concessionnaires.
Les clients ont découvert les « bonnes affaires » chez les concessionnaires. — G.VARELA/20MINUTES

C'est le plus grand pôle automobile de l'Est. Avec une vingtaine de marques présentes à Hoenheim sur quelques centaines de mètres, celui qui cherche un véhicule parmi les 3 000 proposés a l'embarras du choix. Mais qui le sait ? « De l'autoroute, on ne voit pas tout, remarque Julien Doerflinger, vendeur chez Toyota. Ce salon permet de faire connaître la zone. » Le créneau de l'occasion est tout à fait particulier, Internet étant un passage obligé : il est toujours plus difficile de faire déplacer les clients en concession pour un véhicule d'occasion (« VO »). « Les gens cherchent la bonne affaire, note Hervé Amouroux, chez Volkswagen. Il y a une morosité et vu nos stocks, il faut qu'on commence à se couper un bras. »

Le prix moyen chute pas les volumes
L'image pourrait être reprise un peu plus loin, au milieu des Citroën ramenées du stock de la Meinau par Emmanuel Holl. Le vendeur – 14 ans de métier – a constaté en quelques années une chute du prix moyen : « Sur les volumes, à la limite, on serait en légère croissance, mais sur les prix… Il y a deux-trois ans, le prix moyen c'était autour de 13 000 €. Aujourd'hui, c'est 10 000 €. » Le constat est identique chez le groupe Hess (Lancia, Alfa Romeo, Fiat), par l'intermédiaire de Jean-Jacques Levy, responsable Véhicule Occasion : « On est passés de 12 000 € en moyenne à 9 000 €. C'est un marché compliqué qui ne répond pas à la même logique que le véhicule neuf. Pour du neuf, le client sait ce qu'il veut. Là, il a d'abord un budget et ensuite, il voit. Pour le même prix, il peut avoir plus grand, mieux équipé, mais avec plus de kilomètres… Les arbitrages ne sont pas les mêmes. » Et puis il y a ceux qui ne connaissent pas la crise. Porsche par exemple. Trois 911 trônent à l'entrée. 45 000 € pièce. « Neuve, c'était autour de 100 000 €, précise le responsable atelier Luigi Pastore. Même si elle a dix ans, ça reste un mythe. Et les gens qui ont 50 000 € à mettre préfèrent une Porsche d'occasion qu'une neuve d'une autre marque. » Histoire de s'éloigner de la crise plus vite que les autres.

Un Pôle en mouvement

Depuis l'installation de BMW dans le secteur, en 2005, le pôle automobile d'Hoenheim, ne cesse de s'agrandir. Prochainement, Peugeot devrait aussi investir les lieux. « Il ne manque que Renault et on sera au complet », s'amuse un vendeur de chez Citroën. D'où la nécessité d'opérations de ce genre dans un lieu dédié à l'automobile.