« On a collecté 5 000 euros en l'espace de deux jours »

Sébastien Ruffet

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Brice Lambert, l'un des trois étudiants qui ont vu leur projet se concrétiser grâce au « crowdfounding ».
Brice Lambert, l'un des trois étudiants qui ont vu leur projet se concrétiser grâce au « crowdfounding ». — G.VARELA/20MINUTES

Brice Lambert, Guillaume Clere et Avril Ladauge ont d'abord eu une idée. Etudiants au Centre universitaire d'enseignement du journalisme (Cuej) de Strasbourg, les deux premiers avaient envie de se lancer dans un projet hors cursus avec l'aide d'une graphiste des Arts déco. « On n'était pas sensibles à l'univers gothique, raconte Brice, mais il fallait un sujet sur lequel on puisse travailler le soir ou le week-end, et qui soit très esthétique pour qu'il y ait un intérêt visuel à faire un webdocumentaire. » Et c'est ainsi que le projet I Goth my World a vu le jour. Présenté à un concours, il termine dans les trois premiers. Pour les départager, le jury leur demande de trouver 5 000 € pour le financer. Les premiers à y arriver verront l'enveloppe complétée par la banque postale. « On a sollicité les proches, puis les amis d'amis et ceux qui s'intéressent à ce milieu. On a mis 2 jours pour collecter l'argent. On pensait que ça en prendrait 10 ou 15. » La plateforme de « crowdfounding » KissKiss BankBank leur a donc permis de financer leur webdoc, le matériel et les déplacements à Berlin ou Paris. Le concept explose aujourd'hui en France. « On savait que ça marchait, poursuit Brice. Plutôt que d'acheter un CD, les gens préfèrent filer 10 € à un mec pour qu'il fasse son album. » Grâce à l'apport des internautes, les trois complices ont pu mettre un pied dans le milieu du documentaire. Leur projet sera diffusé en ligne sur Arte, LeMonde.fr et les Inrockuptibles, avant la diffusion d'un documentaire remanié sur Arte le 3 novembre. « ça nous a ouvert des portes. Si on a un nouveau projet, on sait que l'on sera écoutés. » De quoi donner des idées, et pas qu'aux apprentis journalistes.