L'aéroport toujours dans le flou

Alexia Ighirri

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L'arrêt de la liaison Air France entre Strasbourg et Roissy concerne 150 000 passagers par an.
L'arrêt de la liaison Air France entre Strasbourg et Roissy concerne 150 000 passagers par an. — G. VARELA/20MINUTES

Il y a encore beaucoup d'attente. Suivie de près par le personnel de l'aéroport de Strasbourg-Entzheim, la réunion organisée vendredi dernier entre le ministre aux Affaires européennes, Bernard Cazeneuve, la direction de la plateforme, des élus alsaciens et le PDG d'Air France, ne les a pas fixés quant à la fermeture de la ligne Strasbourg-Roissy Charles-de-Gaulle. Un arrêt prévu par la compagnie au 9 décembre et justifié, selon son PDG Alexandre De Juniac, rappelant dans un communiqué que cette desserte « depuis l'arrivée du TGV qui a fait écrouler le trafic, était l'une des plus déficitaires de la compagnie avec 10 millions d'euros de pertes annuelles ». Pourtant, cette liaison, fréquentée par 150 000 passagers par an, représente 8 % de l'activité de l'aéroport de Strasbourg-Entzheim, soulignaient certains syndicalistes lors de leur dernière mobilisation.

« Oui au report en 2016 »
Air France souhaite, de son côté, la remplacer par une desserte ferroviaire, en partenariat avec la SNCF. La ligne TGV-Est est déjà très prisée : sa fréquentation a progressé de 8 % en 2011 et selon nos informations, ses usagers avoisineraient les 2,8 millions entre Strasbourg et Paris. Cependant, à l'issue de la réunion, « Air France s'est dite disposée à poursuivre la desserte par voie aérienne au-delà de cette date, notamment pour couvrir la période des fêtes de fin d'année ». Un sursis se profile donc pour la plateforme strasbourgeoise. « Si ça discute, c'est qu'il y a des difficultés à mettre ce projet en place, note Walter Herbster, responsable CGT. Je pense qu'il n'est pas bien bouclé, donc un report en 2016, ça me va. Et on sera prêt à les accompagner à ce moment-là. » La mobilisation sociale n'est pas stoppée pour autant : « Elle reste totale et entière. Maintenant que le dialogue est installé, on va le laisser faire. J'en attends plus de la réunion avec le ministre des Transports… On verra ce qu'il en ressortira et on décidera à cet instant des suites à donner », assure le syndicaliste.