L'aéroport entre espoir et inquiétude

Alexia Ighirri

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Une mobilisation « festive » a été organisée mercredi devant l'aéroport à la pause déjeuner.
Une mobilisation « festive » a été organisée mercredi devant l'aéroport à la pause déjeuner. — G. VARELA/20MINUTES

Pas de banderoles et de slogans, mais un buffet et de la bonne humeur. Mercredi, entre 11 h 30 et 14 h 30, une mobilisation a été organisée, sous le signe de la convivialité, devant l'aéroport de Strasbourg-Entzheim, à l'appel de l'intersyndicale. Histoire de protester une nouvelle fois contre la volonté d'Air France de fermer la ligne Strasbourg-Roissy Charles-de-Gaulle le 9 décembre prochain, fréquentée par près de 150 000 personnes par an. Il s'agit de la troisième manifestation sur la plateforme. « Contrairement aux deux précédentes, il n'y a pas de grève. C'est une manifestation festive », souligne Valérie Wackermann, porte-parole de l'intersyndicale. Plusieurs dizaines de personnes, arrivées au compte-gouttes, se sont réunies sur le site : des employés profitant de leur pause déjeuner pour se mobiliser ainsi que leurs collègues venus protester pendant leur jour de repos. C'est le cas, par exemple, de Christine pour qui la situation « est inquiétante. On ne sait pas ce qu'on va devenir ». Mais aussi de Philippe, agent de piste : « C'est peut-être le début de la fin. »

Tous concernés
Une « peur » partagée par tous les acteurs de la plateforme, selon Audrey Roeckel-Zimpfer, déléguée du personnel : « ça ne concerne pas que les employés d'Air France… Il y a aussi les taxis, la location de voiture, les sociétés sous-traitantes… Il peut y avoir de grosses conséquences, même si pour le moment on a aucune idée de l'impact sur les emplois ». Cette mobilisation intervient à deux jours d'une réunion entre la direction d'Air France, injoignable mercredi, et le ministre délégué aux affaires européennes, Bernard Cazeneuve. Une rencontre très attendue par le personnel de l'aéroport, source d'espoir : « On est vexés, on se sent trahis, parce qu'on a tout fait pour que cet aéroport fonctionne, estime Valérie Wackermann. Mais on se dit qu'il va se passer des choses à l'issue de cette réunion ». « Il y a toujours de l'espoir, c'est la raison pour laquelle nous sommes encore ici », conclut Christine.