Il a beau être champion d'Europe, Franck Lafitte peut toujours « faire ses courses tranquillement »

VOLLEY-BALL Les Français vont jouer le tournoi de qualification olympique à partir de mercredi...

Propos recueillis par Guilhem Richaud

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Franck Lafitte (en bleu) veut se qualifier pour les prochains JO.
Franck Lafitte (en bleu) veut se qualifier pour les prochains JO. — NIKOLAY DOYCHINOV / AFP

Ils ont gagné la Ligue mondiale et sont devenus champions d’Europe en 2015. Mais ils sont encore loin d’être qualifiés pour les Jeux olympiques de Rio l’été prochain. Les Bleus de l’équipe de France de volley vont participer cette semaine au tournoi de qualification olympique, pour espérer réparer cette anomalie. Pour cela, il faudra ni plus ni moin que l’emporter. En ce mercredi de premier match contre la Russie, Franck Lafitte, qui joue à Sète, se confie sur sa nouvelle vie de champion d’Europe.

Vous avez retrouvé les coéquipiers avec lesquels vous avez tout gagné en 2015, quelque chose a-t-il changé dans le groupe ?

En fait pas vraiment. On était tous heureux de se retrouver. On a effectivement pris conscience qu’on avait réalisé quelque chose de fantastique, mais on reste les mêmes, on a gardé les pieds sur terre. On est toujours une bande de pote. Finalement rien n’a changé pour ce stage. On s’est remis en mode mission commando.

Votre statut est différent quand même…

Le statut oui. Le regard des adversaires aussi sans doute. Mais nous sommes dans le même état d’esprit qu’il y a trois ans quand Laurent Tillie a pris la tête de l’équipe. Nous n’avons qu’un seul objectif, se qualifier pour les JO. Ce qu’on a fait avant, ce sont des étapes pour y arriver.

Ce n’est pas frustrant d’avoir tout gagné depuis un an et de ne pas encore être qualifié pour les JO ?

Nous sommes dans un sport où il est plus simple d’être champion olympique que de gagner le tournoi de qualification. Cette semaine à Berlin, pour l’emporter, il va falloir qu’on batte le champion olympique (la Russie, NDLR) et le champion du monde (la Pologne, NDLR). Mais depuis un moment on est habitué aux missions impossibles.

Au quotidien, dans votre club, les victoires de l’année dernière ont changé quelque chose ?

J’ai signé à Sète cet été. J’ai été accueilli à bras ouverts avec des chaudes félicitations. Il n’y a pas forcément plus de monde dans les salles, mais c’est certain que je signe plus d’autographes et que je prends plus de photos en marge des matchs. Que ce soit à domicile où à l’extérieur. Avant ça n’arrivait jamais. Mais ne vous inquiétez pas, je peux toujours me balader dans la rue et faire mes courses tranquillement, il n’y a pas de problèmes (rires).

Vous avez joué énormément de matchs depuis un an. Ce n’est pas trop dur ?

Il y a eu toute la Ligue mondiale, l’Euro, le championnat, les amicaux, la Coupe d’Europe… On n’a pas beaucoup pu souffler. Les plages de récupération sont vraiment réduites. C’est un peu dur physiquement de mener plusieurs combats à la fois. Mais vu les résultats, je suis prêt à enchaîner comme ça pendant dix ans !