Earvin Ngapeth : La trajectoire sinueuse de l'«Anelka du volley»

VOLLEY La star de l’équipe de France a été entendue par la police après avoir agressé un contrôleur d'un TGV…

B.V.

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Earvin Ngapeth lors de la finale de Ligue mondiale France-Serbie (3-0), le 19 juillet 2015 à Rio.
Earvin Ngapeth lors de la finale de Ligue mondiale France-Serbie (3-0), le 19 juillet 2015 à Rio. — Leo Correa/AP/SIPA

Rentrée au pays lundi, la star de l’équipe de France de volley Earvin Ngapeth ne va pas profiter longtemps de sa nouvelle popularité. Alors qu’il allait prendre un TGV en direction de Bordeaux pour fêter la victoire des Bleus en Ligue mondiale - dont il a été élu meilleur joueur –, l’attaquant-réceptionneur de 24 ans a été entendu par la police pour avoir agressé un contrôleur. La SNCF a confirmé avoir porté plainte.

Athlète exceptionnel, reconnu comme l’un des meilleurs du monde à son poste, Ngapeth s’est aussi fait un nom après plusieurs sautes d’humeur. Dès 2010, alors qu’il n’est encore qu’un espoir au sein de l’équipe de France, il confronte violemment le sélectionneur Philippe Blain sur son statut de remplaçant et se fait exclure du groupe. Mauvais timing (si jamais il y a un bon timing pour s’en prendre à son coach): quelques semaines plus tôt, c’était la très similaire affaire entre Anelka et Domenech lors du mondial en Afrique du Sud. Ngapeth n’a évidemment pas subi le même lynchage populaire que son prédécesseur mais y a quand même gagné le surnom «d’Anelka du volley».

«Anelka, moi, je l'aime bien»

Moyennement flatteur, pense-t-on. Sauf pour l’intéressé: «Tout le monde a retenu cette phrase mais, Anelka, je l’aime bien, moi, assurait-il à 20minutes dans une interview en 2013. C’est un joueur que j’aime bien. Donc, ça ne me dérange pas.» Même si, en revanche, il «n’a pas apprécié qu’on me fasse passer pour un mec sans éducation, un tire-au-flanc. Ce n’est pas le cas.» Car le bonhomme n’est pas aussi simple à analyser. Très ambitieux, apprécié par ses équipiers, décrit par les journalistes qui le rencontrent comme «poli, détendu, souriant et bavard», le fils de l’entraîneur Eric Ngapeth ne possède pas toutes les qualifications pour obtenir son diplôme de bad-boy.

Disons qu’il est plutôt le genre à dire ce qu’il pense et à faire ce qu’il dit. Transféré dans un club russe avec son père en 2013, il n'a pas hésité à le quitter un an plus tard (malgré un salaire mirobolant) sur un coup de tête car il n'arrivait pas à y faire venir sa femme et son jeune fils. Grand fan du rappeur Rohff, il se lance lui-même dans la chanson, a produit un album et met souvent en scène l'équipe de France de volley dans ses clips.


« ♫ Moi je meurs pour lui, lui meurt pour l'autre, ok on prend la prime ♫»

Et quand Rue89 lui demande (en 2013), alors qu'il a fait son retour en Bleu, ce qui a changé chez lui depuis 2010, il ne prend pas l’autoroute du pardon: «Franchement, rien. Je suis toujours le même. C’est surtout le groupe qui a changé. En 2010 je n’étais pas bien dans le groupe. Quand ça ne va pas dans l’équipe, je n’arrive pas à faire semblant que tout va bien.» Ngapeth s’avoue aussi facilement émotif. Ou qu’en tout cas il a du mal à se contrôler. Fin 2014, il est condamné à 3 mois avec sursis pour avoir participé à une rixe – sans en avoir été à l’origine - sur un parking à la sortie d’une boite de nuit.

Ngapeth, toujours en 2013: «Ce qu’on a dit sur moi et ce que les gens pensent de moi, je m’en fiche. Je sais qui sont mes amis et mes amis savent comment je suis. Mon image a été ternie, mais tant que je suis bon sur le terrain, ça n’aura pas d’incidence.» Pas sûr que ça suffise cette fois.