Roland-Garros: Mec passionné et fan du Barça, voici Sergi Bruguera, l'homme qui a mis la rage en Richard Gasquet

TENNIS Le Français, drivé par l’Espagnol et Sébastien Grosjean, affronte Andy Murray en quart de finale…

Romain Baheux

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Sergi Bruguera (à droite) à côté de l'autre entraîneur de Gasquet Sébastien Grosjean à Roland-Garros en 2014.
Sergi Bruguera (à droite) à côté de l'autre entraîneur de Gasquet Sébastien Grosjean à Roland-Garros en 2014. — PATRICK KOVARIK / AFP

A Roland-Garros,

Avis à la sécurité de Roland-Garros : si vous croisez un type mal rasé, vêtu d’un survêtement rouge et noir, mettre un boxon d’enfer dans les tribunes du Central en hurlant avec un énorme accent espagnol : laissez-le faire. Ce type à la dégaine d’ado attardé est l’homme qui a permis à notre Richard Gasquet de devenir un joueur capable de s’offrir une demie à Wimbledon, un quart à l’US Open et un autre quart Porte d’Auteuil, mardi contre Andy Murray, en moins d’un an. Ce type se nomme Sergi Bruguera, entraîneur du Français depuis fin 2013.

Lors du huitième contre Kei Nishikori, ses encouragements à tout va lui ont valu un avertissement de l’arbitre pour coaching. « Je suis surtout étonné qu’il n’en ait pas pris avant », se marre Sébastien Grosjean, l’autre entraîneur de Gasquet. En coulisses, le Catalan est tout aussi chaud. Dimanche, il a poussé une sacrée gueulante lors de la pause pluie du premier set, alors que son protégé passait un sale quart d’heure contre le Japonais. Une remontée de bretelles utile tant le Français a ensuite dominé son adversaire.

« Il lui transmet sa rage, estime Henri Leconte. Il suffit de voir l’état dans lequel il est dans le box pour s’en rendre compte. » « Je suis un passionné, je suis comme ça, s’excuse-t-il presque. Je vis le match comme si j’étais sur le court. Quand Richard gagne, c’est comme si moi je gagnais. » Bruguera a pourtant l’habitude de gagner ici. Quand Gasquet se fait larguer par son ex-coach Riccardo Piatti en 2013, il va chercher chez l’Espagnol, qui s’occupait alors tranquillement de son académie à Barcelone, un palmarès fort de deux Roland-Garros en 1993 et 1994.

« Quand tu as eu une carrière comme la sienne, tu as une expérience à apporter. C’est quelqu’un qui lit aussi parfaitement le jeu », souligne Gasquet. Supporter du PSG, le Français s’est aussi dégotté avec Bruguera un mec capable de parler football pendant des heures. « Je me suis déjà retrouvé à regarder des matchs du Barça avec lui, raconte Cédric Pioline. Pour être gentil, on va dire que c’est animé. Sergi, c’est le mec avec qui tu vas te mettre devant du foot et boire une bière. »

« C’est un garçon drôle et sympa, poursuit son compatriote Alex Corretja, venu le saluer lundi à la présentation du trophée des Légendes Perrier. Par contre, fais attention si tu joues contre lui au foot parce qu’il est très agile et très rapide. » En survet, ce n’est pourtant pas simple.