Roland-Garros: Quand Richard Gasquet joue, son papa vit un calvaire devant sa télé

TENNIS Richard Gasquet affronte Nick Kyrgios au troisième tour vendredi...

Romain Baheux

— 

Richard Gasquet à Roland-Garros le 23 mai 2016.
Richard Gasquet à Roland-Garros le 23 mai 2016. — HERVE BLOMET/SIPA

A Roland-Garros,

« Ne m’appelez pas, je ne vous répondrai pas de toute façon. » Au cas où vous auriez l’idée saugrenue de décrocher votre téléphone pour brancher Francis Gasquet sur le match de son fils Richard, oubliez tout de suite. Car si les hauts et les bas du Français, opposé à l’Australien Nick Kyrgios au troisième tour de Roland-Garros vendredi, vous mettent dans un état pas possible devant votre télé, sachez que le paternel vit aussi des moments d’intenses tensions depuis  son salon de Sérignan, dans l’Hérault.

« C’est plus difficile à suivre à la télévision qu’en tribunes, raconte celui qui ne rate aucune sortie du fiston. Si je suis relâché après son début de tournoi où il ne perd aucun set ? Ça peut aller très vite dans ce sport, tu n’es jamais vraiment serein. Vous savez, j’ai vécu avec lui plus de matchs supposés faciles qui se transformaient en cauchemars que l’inverse. Il trouve souvent le moyen de me tourmenter (rires). »

>> A lire aussi : Wimbledon: Comment Richard Gasquet est (presque) devenu un roc mental

On imagine parfaitement Francis Gasquet s’arracher les cheveux en plein milieu de la nuit lorsque Richard joue dans les bâches à l’Open d’Australie ou se défouler sur les accoudoirs du canapé familial sur une balle de break foirée à Roland. « Etre parent de joueur dans cette situation, c’est un pensum, souligne-t-il. Le pire, c’est quand la retransmission se coupe ou que le match n’est pas diffusé. Vous pouvez  juste suivre le score en live sur votre ordinateur. Ça, c’est terrible. Tu rafraîchis ta page Internet en permanence sans pouvoir voir ce qu’il se passe et là, subitement, le coup de poignard du chiffre qui t’indique qu’on vient de perdre un jeu important. Horrible. »

Le père de Richard Gasquet (à droite) lors de la victoire de son fiston en 2005 à Monte-Carlo.
Le père de Richard Gasquet (à droite) lors de la victoire de son fiston en 2005 à Monte-Carlo. - CIACCIA GIANNI/SIPA

Que Francis se rassure, les moyens technologiques de 2016 le mettent a priori à l’abri de ce genre de scénario vendredi. Allez, une petite astuce du papa pour détecter les signes annonciateurs d’un coup de mou du gamin ? « Je vois certaines choses à distance mais globalement, il n’a jamais trop su cacher ses émotions. La poker-face, ça n’est pas son truc. Lui m’assure qu’il en rajoute parfois mais je n’en suis pas sûr… » Non Richard, tu ne trompes pas ton papa. Même à l’aide d’un écran plat.