Roland-Garros: «Je me suis dit que j’allais perdre», avoue Serena Williams

TENNIS L'Américaine a remporté le 20e Grand Chelem de son immense carrière, samedi, à Paris...

A Roland-Garros, Nicolas Camus

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Serena Williams, victorieuse à Roland-Garros, tient le 20e trophée du Grand Chelem de sa carrière dans ses mains, le 6 juin 2015.
Serena Williams, victorieuse à Roland-Garros, tient le 20e trophée du Grand Chelem de sa carrière dans ses mains, le 6 juin 2015. — Michel Euler/AP/SIPA

La star du jour s’est fait attendre. Près de 2h30 après avoir remporté le troisième Roland-Garros de sa carrière face à Safarova, Serena Williams s’est présentée devant la presse vers 20h00, ce samedi. Le temps d’une petite séance de coiffure improvisée, paraît-il. Il fallait au moins ça pour fêter son 20e titre en Grand Chelem, à deux petites longueurs de la recordwoman en la matière, Steffi Graf. Soulagée, l’Américaine reconnaît qu’elle a eu très peur de rater cette occasion.

Quel est votre premier sentiment aprèss cette victoire difficile ?

Cette victoire est très particulière. Je le voulais tellement ce tournoi, de tout cœur. J’ai eu beaucoup de matchs difficiles, j’ai été menée pas mal de fois dans ce tournoi [elle a perdu le premier set lors de quatre de ses sept matchs]. Au final, je suis encore plus contente d’avoir réussi à gagner. Je n’arrive pas encore à y croire.

Que s’est-il passé dans le deuxième set [perdu après avoir mené 4-1]. Vous êtiez nerveuse ?

Je suis souvent nerveuse ici, j’en ai l’habitude. Mais là, contrairement aux apparences, pas tant que ça. C’est juste que je n’arrivais pas à sortir mes coups alors qu’elle, elle s’est mise à très bien joué. Elle a commencé à se décontracter. C’est pour ça que ça a été très dur pour moi de gagner. Franchement, à un moment je me suis dit que j’allais perdre. J’ai alors essayé de penser positif, de me dire que c’était bien d’être en finale, et ça a marché. Mais franchement j’étais fâchée contre moi-même. Je jouais mal. Je me suis battue pour me reprendre.

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Qu’est-ce que ça vous fait d’avoir ce 20e Grand Chelem ?

Je n’ai pas encore eu le temps de m’y habituer. Je suis tellement excitée… j’étais encore en train de fêter le 19e [l’Open d’Australie, en janvier dernier] et me voilà avec un 20e ! C’est un rêve. Je me dis « vraiment, c’est ça ma vie ? C’est bien ce qui se passe ? » Après, si je pouvais réaliser un vrai Grand Chelem [les quatres tournois sur une même année], ce serait fabuleux. De toute façon j’en veux toujours un de plus, et puis un autre, et puis un autre. Je vais encore essayer à Wimbledon.

Que s’est-il passé ces dernières 48 heures, avec votre grippe ?

C’était un cauchemar. Après ma demi-finale, j’étais dans les vestiaires, assise, allongée et je ne sais même plus ce que j’ai fait. J’ai eu du mal à rentrer à la maison, je me suis douchée, couchée et je n’ai pas quitté mon lit avant 16-17h le lendemain. J’ai voulu sortir prendre l’air mais c’était pire. J’ai parlé avec les physios, les docteurs, je leur ai dit que je n’étais pas sûre de pouvoir jouer. Ils m’ont aidé, ce matin [samedi] j’ai tapé un peu la balle et ça allait. Je me suis dit « allez, ça fait 30 ans que je tape la balle, ça va bien se passer ». Et voilà.