Le rugby français dans la panade? L'espoir porte un nom: Antoine Dupont

XV DE FRANCE Excellent face aux All Blacks avec le XV de France samedi, Antoine Dupont a tout pour devenir la star d’un rugby français moribond…

Nicolas Stival

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Le demi de mêlée français Antoine Dupont lors du match contre la Nouvelle-Zélande au Stade de France, le 11 novembre 2017.
Le demi de mêlée français Antoine Dupont lors du match contre la Nouvelle-Zélande au Stade de France, le 11 novembre 2017. — Ch. Saïdi / Sipa
  • Pour sa première titularisation en Bleu, le jeune demi de mêlée a été le meilleur Français samedi lors de la lourde défaite face à la Nouvelle-Zélande (18-38).
  • Une prestation dans la lignée de son début de saison flamboyant avec le Stade Toulousain.

Parole de journaliste : il faut toujours se méfier des emballements médiatiques, notamment dans le sport. Parlez-en par exemple à Sébastien Bézy, bombardé demi de mêlée du XV de France dans l’enthousiasme général contre l’Italie, en ouverture du Tournoi des VI Nations 2016, le premier de l’ère Guy Novès. Aujourd’hui numéro 9 remplaçant au Stade Toulousain. il évolue dans l’ombre d’Antoine Dupont, la nouvelle « hype » du rugby tricolore, comme on dit chez lui à Castelnau-Magnoac, aux confins des Hautes-Pyrénées et du Gers.

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Toutefois, l’ancien Castrais, qui fêtera mercredi ses 21 ans, semble vraiment de l’étoffe dont on fait les grands joueurs. Samedi pour sa quatrième apparition avec le XV de France, sa première titularisation, il a été, de très, très loin, le meilleur Tricolore contre la Nouvelle-Zélande (18-38). Avant la rébellion collective en seconde mi-temps, « Super Dupont » a constitué l’un des rares remparts face aux vagues noires, entre un pack surclassé et des trois-quarts impuissants. « On a vu les qualités individuelles d’Antoine, capable de faire de grosses différences avec peu de chose, souligne Novès. Il progresse. »

Le trapu Toulousain (1,74 m, 83 kg) a franchi plusieurs fois la défense des All Blacks et fait avancer son équipe, comme sur cette percée à la demi-heure de jeu démarrée par une « toupie » aux dépens de Beauden Barrett, le meilleur joueur du monde. En fait, Dupont n’a fait que confirmer au niveau (très) supérieur son excellent début de saison en club, ponctué notamment de quatre essais.

Très vif, bon défenseur, le joueur formé à Auch compte pour beaucoup dans le renouveau du Stade Toulousain, où son style de jeu rappelle le « Bison » néo-zélandais Byron Kelleher à son zénith, lors du titre de champion de France 2008.

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On comprend donc l’affection que lui porte Didier Lacroix, le président toulousain, dithyrambique au sujet du prodige lors du festival face au Stade Français, le 16 septembre en Top 14 (53-17). Suivi par les caméras de Canal + Sport dans les tribunes d’Ernest-Wallon, Lacroix avait lâché un admiratif « Le petit Dupont, c’est extraordinaire » lors d’une charge conclue par une passe décisive pour l’ailier Cheslin Kolbe (à partir de 3’ 30” sur la vidéo). Puis, carrément, « C’est un monstre ! » lorsque le jeune numéro 9 avait résisté à cinq Parisiens pour aller inscrire un essai en force.

Et maintenant, les Springboks

Samedi face à l’Afrique du Sud, Dupont aura sans doute l’occasion de prouver de nouveau qu’il incarne une jolie percée d’espoir dans la sinistrose qui enveloppe le rugby français. Et qu’il garde une longueur d’avance sur ses prometteurs concurrents (Serin, Couilloud, Lesgourgues) à l’un des rares postes où les Bleus peuvent voir l’avenir en rose.