France-Nouvelle-Zélande: Sachez-le, on va bientôt marcher sur la planète rugby (enfin, normalement)

RUGBY Quand Guy Novès nous dit qu'«une équipe est en train de naître», on a très envie de le croire... 

Au Stade de France, Nicolas Camus

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Guy Novès lors du test-match France-Nouvelle-Zélande, le 26 novembre 2016.
Guy Novès lors du test-match France-Nouvelle-Zélande, le 26 novembre 2016. — Miguel MEDINA / AFP

Une victoire, deux défaites. Voilà, froidement, le bilan du XV de France sur cette tournée d’automne. Dis comme ça, c’est pas terrible terrible, mais comme le fait remarquer Yannick Bru, « notre job est aussi de distinguer le contenu du résultat ». Et là, tout le monde sera d’accord pour dire que face à l’Australie puis la Nouvelle-Zélande, les Bleus ont posé des jalons qui pourraient bien donner « une perspective agréable d’avenir », selon les mots Guy Novès.

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On pourra dire que le sélectionneur est dans son rôle, bien obligé de se montrer optimiste et défendre son travail. Mais on vu les matchs, parlé aux joueurs, et cette sensation qu’il se passe quelque chose paraît évidente malgré les défaites. Les Bleus jouent, n’ont pas peur et ne s’écroulent pas quand ils sont dans le dur. C’est déjà pas mal. « Avec cet investissement et l’état d’esprit remarquable des 35-40 joueurs qui ont participé à la Tournée, j’espère que ça va nous sourire rapidement », expose le capitaine Guilhem Guirado.

Il y a encore énormément de choses à bosser, c’est évident. Le réalisme, la touche, le réalisme, les moments d’absence en défense, l’agressivité dans les rucks, le réalisme… Mais au moins cette équipe avance avec une ligne directrice. « Je sens quand même qu’une équipe est en train de naître, car ça ne fait que quelques mois que nous travaillons, mais c’est une équipe qui croit en elle, qui utilise des schémas de jeu qui me conviennent même si elle est parfois naïve. Elle apprend à chaque match », appuie Novès.

Arrivé il y a tout juste un an à la tête d’une équipe en lambeaux, écrabouillé par les Blacks en quart de finale de la Coupe du monde (62-13), l’ancien entraîneur du Stade Toulousain a déjà parcouru du chemin. Et fait émerger des talents. Ollivon et Gourdon, les petits jeunes de la troisième ligne, ont grandi très vite sur ces deux derniers matchs. Serin, auteur d’une magnifique chistera pour envoyer Picamoles à l’essai, donne envie de le revoir.

« Je voulais me confronter à ce très haut niveau, j’en ressors avec un sentiment vraiment très positif, dit Ollivon. Je me suis senti bien dans ce projet de jeu. A ma surprise, je m’éclate. Je me régale sur le terrain, dans les entraînements, je prends du plaisir dans ce qu’on fait. »

« On ne peut pas se satisfaire de ces deux défaites, mais c’est une base de travail intéressante, juge Machenaud. Ça peut augurer de bonnes choses pour la suite. » La suite, ce sera début février, avec le Tournoi des 6 Nations. Les Bleus démarreront fort, avec un déplacement en Angleterre. Ils iront également défier Irlande, qui vient de battre la Nouvelle-Zélande et l’Australie, chez elle. De quoi continuer à grandir.

« Tant mieux qu’il y ait des choses difficiles qui arrivent. C’est ce qu’on attend, assure Bru. On vient de jouer les vice-champions du monde et les champions du monde, c’était difficile aussi mais au final je vois plus de sourires que de déception. Maintenant, il faut que ces difficultés, on arrive à les franchir. » Parce que bientôt, l’optimisme ne suffira plus.