Roland-Garros: Les larmes de Shelby Rogers, l’Américaine 108e mondiale qui ne croyait pas à son exploit

TENNIS L'Américaine n'en revenait pas de s'être qualifiée pour les quarts de finale... 

Annabelle Laurent

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L'Américaine Shelby Rogers, 108e mondiale, en larmes, et qualifiée pour les quarts de finale de Roland-Garros, le 29 mai 2016.
L'Américaine Shelby Rogers, 108e mondiale, en larmes, et qualifiée pour les quarts de finale de Roland-Garros, le 29 mai 2016. — Eric FEFERBERG / AFP

Les larmes, on les préfère pour les victoires. Après celles de Tsonga quittant le court samedi effondré d’avoir à déclaré forfait, les cœurs sensibles du public de Roland-Garros ont tressauté dimanche face aux sanglots de Shelby Rogers, 108e mondiale, qualifiée pour les quarts de finale après un match en deux sets (6-3, 6-4) contre la Roumaine Irina-Camelia Begu, pourtant 28e mondiale. L'Américaine devient ainsi la 10ème joueuse au-delà du Top 100 à atteindre les quarts de finale depuis 1983, merci aux stats de Roland:

Attention aux petits chiots 

«J’ai toujours rêvé que ça arrive… Mais je ne crois que je pensais y arriver un jour», répondait, à sa sortie du court, au micro de Marion Bartoli, l’Américaine de 23 ans originaire de Charleston (Caroline du Sud), toute émue. Quelques minutes plus tard, une dizaine de journalistes américains – peut-être blasés par les victoires de Serena?- l’accueillaient en conférence de presse, l’un lui demandait si elle avait, «puisqu’on dit de toi que tu es la personne la plus gentille de la civilisation [oui, oui]», l’intention de s’endurcir, l'autre ce qu’elle aurait pensé si on lui avait dit qu’elle irait aussi loin dans le tournoi parisien. «J’aurais dit: "Awesome!". Mais personne ne m’a dit ça, donc je n’ai pas pu me préparer.» 

La grosse émotion de fin de match, en revanche, c'est, à l'entendre, une habitude. «Les émotions sont toujours là, quand je suis heureuse, pas heureuse, quand je regarde un film, quand j'ai faim, quand je n'ai pas faim... Vous voyez les pubs à la télé avec les petits chiots? C'est trop [d'émotion] pour moi, il faut que je change de chaîne.»

Attention donc à ne pas montrer de petits chiots à Shelby, qui doit désormais affronter la redoutable Espagnole Garbiñe Muguruza. Sa chance: «Je n’ai rien à perdre, donc je n’ai pas de pression.».