Roland-Garros: «T'as pas de mental, t'es Français», Chardy répond aux remarques des relous en soirée

INTERVIEW Le Français dispute son premier match lundi...

Romain Baheux

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Jérémy Chardy à Rome le 12 mai 2016.
Jérémy Chardy à Rome le 12 mai 2016. — CIAMBELLI/SIPA

Vous l’avez déjà croisé. Parfois, vous l’avez peut-être été vous-même. Oui, on parle bien du relou de soirée, cette personne qui va se sentir obligé d’aller enquiquiner le premier malheureux dont il connaîtra la profession. Tout tennisman qu’il est, on ne voit pas pourquoi Jérémy Chardy, opposé lundi à Leonardo Mayer pour son entrée en lice à Roland-Garros, y échapperait. Du coup, on a profité d’un événement organisé par son équipementier Tecnifibre pour replonger le Français dans les clichés entendus dans ses pires sauteries. Une interview à lire avec des bières (avec modération) et des cacahuètes.

20h34, première roteuse en main. « Alors, il est cool Djokovic ? »

Pas mal de joueurs sur le circuit te diront que non. Parfois, il arrive dans le vestiaire, il est dans sa bulle et ne passe pas beaucoup de temps avec les autres. Avec moi, il est très sympa. On se connaît depuis que l’on a douze ans, on a fait des conneries ensemble quand on était juniors.

Sunday fun day! Let's play tennis 🎾 #ilovethisgame

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21h12, plus de roulés à la saucisse, on attaque le punch. « Tu étais content de voir Nelson Monfort la première fois ? »

C’est un personnage mythique. Au début, tu repenses à ses fameuses questions et ses traductions quand tu le vois arriver vers toi. C’est cool de te faire interviewer par lui, parce que ça veut dire que tu es dans ce tournoi et sur un bon court (rires).

22h45, on ne peut déjà plus conduire. « Franchement, vous avez besoin de faire rebondir douze fois la balle avant de servir ? »

Tu n’es pas obligé de le faire hein. C’est le moment où tu poses devant ta ligne et tu fais le point sur ton jeu. C’est une routine, une manière de te concentrer avant d’attaquer.

23h45, un idiot propose d’ouvrir un autre cubi. « Bon, quand est-ce qu’on voit un Français gagner Roland-Garros ? »

Tout le monde espère nous voir gagner ici. On en a conscience, mais c’est difficile. Les quatre de devant (Djokovic, Federer, Nadal, Murray) sont très forts et tu dois en battre au moins deux pour aller au bout. Mais que les gens soient en demande, c’est quand même sympa.

23h48, on enchaîne. « En même temps, vous n’avez pas de mental les Français hein ? »

Ça m’énerve car c’est toujours facile comme explication. On sort ça directement, quand on ne sait pas trop quoi dire sur un match. Dans les faits, il y a plein de paramètres qui peuvent jouer. En France, on ne parle que de ça, on est très négatif sur l’aspect mental de nos sportifs.

1h23, première chenille de la soirée. « Y a vraiment pas moyen de jouer quand il pleut ? »

Sur dur, ça glisse toute de suite et ça devient dangereux. Sur terre battue, ça gêne au service si la balle est mouillée mais ensuite, ça passe tout seul quand tu joues. Parfois, la pluie te donne même un court parfait en le mouillant un peu.

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2h13, un shot de vodka-caramel coule dans notre gorge. « Et tu vis en Suisse pour les impôts toi aussi ? »

Non, je réside en Belgique. J’y avais déménagé pour rejoindre ma copine. On a vécu ensemble pendant quatre ans, on s’est séparés mais je suis resté là-bas. Mais ça ne me gêne pas de parler de la Suisse hein.

3h, le DJ lance les Lacs du Connemara. « Vous suez comme des cochons pour devoir vous éponger si souvent ? »

On le fait même si on ne sue pas trop. Ça te permet de te reconcentrer en faisant une petite pause ou de te calmer si tu es énervé entre deux points. Après, tu peux vite suer de partout quand il fait très chaud, comme à Miami par exemple. Ça coule dans les yeux, tu en as sur les mains et c'est gênant pour tenir la raquette.

4h21, on finit les fonds de verre. Tiens, un reste de brownie. « On t’a déjà proposé de l’argent pour que tu balances un match ? »

Non. Après, je dispute des gros tournois où tu as des rentrées d’argent importantes. 30.000 ou 50.000 euros, tu vas gagner bien plus en jouant bien. En Challenger ou en Future (type de tournoi), les gars n’ont parfois pas les moyens pour pouvoir voyager sur le circuit. Je peux comprendre qu’ils soient tentés si on leur propose une grosse somme pour perdre un match. Je ne dis pas que c’est bien, je dis qu’ils sont plus facilement susceptibles de craquer.

5h08, on va chercher son manteau dans la chambre de l’organisateur. « Et au fait, il a vraiment un si gros bras Rafael Nadal ? »

C’est la télé qui donne cette impresion.. Moi aussi, on me dit que je fais plus costaud à la télévision qu’en vrai. Après, Nadal a un plus gros bras que la plupart des joueurs, qui ne sont pas très costauds du haut. Mais si tu le mets à côté d'un type vraiment baraqué, il ne sera pas hyper impressionnant.