PSG : Crack annoncé, profil très offensif... Nuno Mendes est-il le latéral gauche dont le PSG avait besoin ?

FOOTBALL Mais qui est donc le jeune latéral gauche portugais, recrue de dernière minute de Leonardo et du PSG ?

William Pereira
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Nuno Mendes, la dernière recrue estivale du Paris Saint-Germain
Nuno Mendes, la dernière recrue estivale du Paris Saint-Germain — Armando Franca / AP / Sipa
  • Nuno Mendes a été recruté par le PSG lors des dernières heures du mercato un peu à la surprise générale. 
  • Le jeune latéral gauche portugais de 19 ans a brillé au Sporting, l'un des meilleurs centre de formation du pays.
  • Le profil très offensif de Mendes pourrait être une arme supplémentaire pour Floréal Hernandez. 

La scène ne ferait pas tache dans un téléfilm de 15h sur M6. Nuno Mendes, alors âgé de 11 ans, arpente les rues de sa banlieue lisboète sur le chemin du retour de l’école quand il se rend compte qu’il est suivi par un adulte. Il accélère le pas, prend des détours pour embrouiller en vain l’espion, atteint finalement le domicile familial et s’enferme à double tour. Le gamin ne vit pas sous les balles, mais dans un quartier suffisamment chaud pour flairer ce genre de coups. Sans prendre le temps de poser son cartable, il fonce dans la cuisine, agrippe le premier couteau qui lui tombe sous la main et attend.

Comme prévu, on frappe à la porte. Cette fois c’est sûr, on lui cherche des embrouilles, mais il ouvre quand même. Face à lui, Akil Momade, un scout du Sporting avec qui il avait déjà échangé après lui avoir tapé dans l’œil sous les couleurs du modeste FC Despertar, mais qu’il n’a pas tout de suite reconnu. L’adulte dégaine sa carte de socio pour dissiper le malentendu, le méchant était en fait Joséphine Ange gardien.

Nuno Mendes a été formé au Sporting
Nuno Mendes a été formé au Sporting - Global Media Group/Sipa USA/SIPA

L’histoire ne dit pas si le jeune international portugais, désormais la vingtaine ou presque, a fait preuve du même instinct de survie quand le Paris Saint-Germain l’a abordé dans le money-time du mercato. Probablement que non. « Il était déjà suivi par beaucoup de monde quand Leonardo a débarqué », confie Nuno Raposo, caution sportinguista du quotidien sportif A Bola.

Pep Guardiola aimait le profil du joueur mais la priorité de Manchester City était à l’attaque, Ronald Koeman l’aurait bien recruté, mais avec quel argent ? Quant à Manchester United, un autre Portugais occupait son esprit. C’est donc le directeur sportif du PSG qui est allé rafler intelligemment la mise au buzzer : prêt avec option d’achat si la période d’essai s’avère concluante (environ 40 millions d’euros). Sarabia fait le chemin inverse pour aller gratter du temps de jeu chez le champion du Portugal, Paris renforce son couloir gauche, les Leões remplissent leur coffre, bref, tout le monde est heureux. Reste une question : Nuno Mendes est-il le latéral gauche qu’il fallait au PSG ?

Fast and Furious

Sans entrer dans le cliché ni refaire la biographie complète de l’adolescent, l’international tuga a un profil qui parle à Paname : biberonné au foot de rue jusqu’à ses neuf ans, il ne lui a fallu qu’un an à briser des reins en club avant de filer au Sporting, où il a connu des débuts compliqués avant le déclic, à 15-16 ans. La suite est rapide : le gamin est surclassé plusieurs fois jusqu’à intégrer l’équipe A lors d’une fin de saison 2019-20 sans enjeu sur laquelle le coach, Ruben Amorim, a jugé bon de capitaliser en lançant des jeunes formés au club, dont Nuno.

« C’est un garçon qui a toujours su saisir les opportunités », dira Luis Dias, 23 ans à polir du diamant brut dans le centre de formation le plus prolifique du pays, « a Academia », comme on l’appelle. Plutôt pratique quand on passe d’un club intermédiaire, certes champion national, à un prétendant à la Ligue des champions. D’autant que, vu l’état physique de Juan Bernat et l’imprévisibilité de Layvin Kurzawa, quelque chose nous dit que Mauricio Pochettino ne trainera pas trop avant de le lancer.

« Il est timide hors du terrain mais dedans, il aime faire le spectacle et ne se laisse pas impressionner, ajoute Dias, avec l’enthousiasme parfois exagéré du formateur. Il n’a pas peur du un contre un. Mieux, il va le chercher. C’est à ça qu’on reconnaît un crack. »

L’ancien entraîneur de Mendes chez les moins de 23 ans des verts et blanc, Leonel Pontes, ajoute la mesure au constat. « Ça ne sera pas une adaptation facile, parce qu’il y a la barrière de la langue et qu’il va jouer avec des joueurs de classe mondiale comme Messi, Neymar et Mbappé. Mais c’est un bon gars. Je sais qu’il va travailler dur et s’accrocher. Si Paris fait preuve de patience avec lui… »

Pour s’intégrer, Nuno Mendes pourra toujours compter sur son aîné Danilo Pereira, clairement le genre à prendre les jeunes sous son aile selon Pontes, qui en avait fait son capitaine pour cette raison quand les deux hommes collaboraient au Maritimo. Le tandem portugais était d’ailleurs nettement visible à l’œil nu lors de la première séance d’entraînement du nouvel arrivant, ce jeudi.

Excellent en 3-5-2, perfectible dans une défense à quatre

A première vue, le plus dur pour Nuno Mendes semble de se faire une place dans la zone du terrain où il s’exprime le mieux, à savoir le dernier tiers du couloir gauche, où il peut parfois y avoir embouteillage. Leonel Pontes :

« Ça dépend de qui se trouvera devant lui. Si c’est Neymar, qui a tendance à rentrer sur son pied droit, ça ira, il aura le couloir pour lui. Si c’est Mbappé, ça sera plus partagé. Autre point, est-ce que la présence plus axiale de Lionel Messi ne va pas resserrer un peu plus les défenses adverses et laisser à Nuno Mendes plus de liberté ? C’est une possibilité. »

Dans ce scénario idéal, ses qualités de dribble et de centre (« tendu et en retrait, jamais en cloche », précise Pontes) pourraient être mises à profit. « Il va beaucoup chercher à prendre le couloir et chercher les zones de finalisation des actions, décrypte Luis Dias. Il a été formé au poste d’ailier et a été reconverti latéral sur le tard, c’est pour ça qu’il est très à l’aise en 3-5-2, comme on l’a vu sous Ruben Amorim. »

Dans une défense à quatre, et ses récentes apparitions avec la Selecção l’ont encore prouvé, il reste un peu de travail à fournir. Des (rares) erreurs d’alignement liées à l’inattention et une certaine tendance à se jeter en un contre un défensif le mettent parfois dans des situations embarrassantes, même si l’outil vitesse lui permet de se rattraper facilement. « Il faudra l’autoriser à se tromper, conclut Pontes, citant un des grands préceptes de la formation sportinguista. Et se dire que, si le PSG ne performe pas cette année, ça ne sera pas de la faute de Nuno ». A priori, on cherchera les coupables un peu plus haut sur le terrain.