Crise au PSG: Si ce n'est pas de la faute d'Unai Emery, qui est coupable du naufrage?

FOOTBALL Le PSG connaît une fin d'année 2016 laborieuse et Emery en fait les frais. Mais il est trop simple de condamner un seul homme...

W.P.

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La crise à Paris: à qui la faute?
La crise à Paris: à qui la faute? — Photos: SIPA (Montage: WP)

Le PSG n’y était plus habitué. Alors que la mi-saison est là, toute proche, le champion de France ne pointe qu’au troisième rang en L1, à sept points du leader niçois. Pire, Paris a perdu sans gloire deux de ses trois derniers matchs de championnat contre Montpellier et Guingamp et plonge dans une crise annoncée.

Comme souvent dans ce genre de situation, c’est l’entraîneur qui prend tout dans la figure. Unai Emery serait un nul incapable de coacher un club du calibre du PSG. En tant que capitaine de navire, l’Espagnol a forcément une part de responsabilité dans le mini-naufrage parisien. On ne s’est d’ailleurs pas privé de commenter ses choix les plus curieux depuis le début de la nouvelle mouture. Mais faire porter le chapeau au seul coach basque est beaucoup trop simple. Des joueurs à la direction, chacun a sa part de responsabilité dans cet échec automnal.

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Le vestiaire : Les cadres ont refusé la révolution Emery

Retour en arrière, fin septembre. Le PSG essuie son deuxième revers de la saison sur la pelouse du TFC. Emery se fait alors secouer par ses cadres. Le quotidien L’Equipe parlera d’une « discussion intense » engagée par Thiago Silva, dont le postulat se résume à « nous avons besoin d’avoir le ballon, nous ne sommes pas une équipe de contre », trophées à l’appui.

La semaine dernière, bis repetita : un Parisien anonyme s’est plaint de courir plus qu’il n’en faut avec le coach basque. « Quand on est un grand joueur, on préfère faire courir la balle que courir derrière le ballon », défend Vincent Guérin, contacté par nos soins.

Le problème, c’est que jouer à la baballe ne suffit pas au plus haut niveau. Les Barça, Real, City & co basent leur jeu sur l’agression du porteur du ballon et l’intensité. L’ancien joueur du PSG poursuit :

« Le haut niveau exige ce qu’on a vu contre Nice en 2e mi-temps avec plus de pressing. C’est un effort collectif, un équilibre, une discipline. C’est l’affaire de l’équipe, pas d’un ou deux joueurs. »

Les meilleurs joueurs : Tout simplement pas au niveau

Les revendications des capitaines parisiens pourraient être pertinentes si ces derniers évoluent à leur meilleur niveau. Le problème, c’est que même individuellement, ce Paris a grise mine. Di Maria est en dessous de tout et Alphonse « un tir, un but » Areola ne va pas mieux.

Pire, des joueurs réputés pour leur régularité à toute épreuve ne surnagent plus. « La charnière Thiago Silva-Marquinhos n’est pas au top, on en attend beaucoup plus de ces deux-là. Au milieu de terrain et devant c’est pareil à part peut-être Cavani. Tout le monde doit rehausser la jauge », admet un Vincent Guérin très clément. Sans oublier les Maxwell et Thiago Motta, qui, tous bons joueurs qu’ils ont été « ne peuvent plus apporter la fraîcheur dont a besoin le PSG ».

La direction : Des mercatos ratés à Kluivert, le projet parisien vacille

Petite devinette : à qui doit-on la non-venue d’une doublure au très prolifique Edinson Cavani ainsi que le départ de dernière minute (et sans remplacement) de David Luiz ? Bingo ! Il s’agit de Patrick Kluivert, le « directeur du football » qui a atterri au pied de la Tour Eiffel sur demande de Nasser Al-Khelaïfi et dont le principal fait d’armes est d’avoir été repéré en terrasse dans la capitale le jour de la clôture du mercato. « Il ne s’est pas singularisé par une activité débordante », ironisait à son sujet L’Equipe à la fin de l’été.

Patrick a le sens des priorités.
Patrick a le sens des priorités. - Twitter/@RaphaelLevy10

De fait, l’arrivée du Hollandais résonne comme l’un des nombreux mauvais choix de la direction parisienne, principale responsable du décevant mercato estival. Ben Arfa, Krychowiak, Meunier, etc. A part Jesé, tous sont arrivés sur commande de Nasser, et on ne peut pas dire que ce soit un franc succès. Il apparaît clair que le projet parisien marche sur la tête depuis le départ de Leonardo en 2013. Vincent Guérin - qui souligne en outre que « Paris n’a pas su anticiper le départ de Zlatan » - abonde dans ce sens.

« Depuis que Leonardo est parti je dirais que le recrutement est moins efficace. On l’a bien vu avec des cas comme David Luiz et Trapp : ce ne sont pas des réussites à 100 %. »

Le statut du club : Le PSG est trop grand pour avoir droit à une année de transition

Les départs d’Ibra et celui de Laurent Blanc combinés à l’arrivée d’Unai Emery et les changements que cela implique constituent autant d’éléments qui pourraient justifier une année de transition au Parc des Princes. Mais Paris étant Paris, on refuse logiquement de lui accorder le temps de passer à autre chose. Vincent Guérin à la conclusion.

« On ne peut pas parler d’année de transition au PSG. C‘est l’exigence du haut niveau, on n’est pas non plus en PH avec saucisse-merguez après le match. On demande aux joueurs d’être toujours proches de l’excellence ». En un mois, ceux d’Emery s’en sont bien éloignés…