PSG-Chelsea: Notre lettre d’excuses à Edinson Cavani

FOOTBALL L’attaquant uruguayen a réussi une superbe entrée pour permettre à Paris de prendre un but d’avance avant le match retour à Londres (2-1)…

Julien Laloye

— 

Edinson Cavani, le 16 février 2016 au Parc des Princes.
Edinson Cavani, le 16 février 2016 au Parc des Princes. — Francois Mori/AP/SIPA

Cher Edinson,

Pardonne-nous d’avoir douté de toi. Pardonne-nous ce moment de faiblesse regrettable. Pardonne-nous, parfois, de te préférer jusqu’à Jean-Kévin Augustin. Tu nous avais pourtant déjà fait le coup l’an dernier avec cette tête à l’aller que tout le monde a oubliée mais qui valait de l’or. Mais il faut avouer pour notre défense que tu y avais mis du tien depuis six mois. Toutes ces frappes à côté, tous ces contrôles manqués, tous ces pigeons martyrisés. Alors ne parlons plus du passé. Ne parlons plus du malentendu de ton arrivée. Ça a été compliqué dès le début entre toi et nous. Un joueur acheté si cher, dont on ne connaît pas véritablement le poste. Attaquant, milieu gauche, défenseur, ou même serveur au restaurant Chipotle des Grands Boulevards, comment pouvait-on savoir ?

 

Pourtant, on n’a jamais rien eu à te reprocher. En zone mixte, jamais un mot plus haut que l’autre, de temps en temps un sourire gêné pour s’excuser de passer en coup de vent, le cheveu au vent justement, beau comme un Lorenzo Lamas sur sa harley-davidson. Tu en as quelques fois gros sur la patate, c’est évident. Partager les ballons avec le melon d’Ibrahimovic, jouer sur les côtés malgré ta remorque et un talent de dribbleur qui t’a visiblement fait faux bond dès la naissance, tu l’as accepté sans jamais rechigner. Jouer des matchs de Coupe de la Ligue sans intérêt au mois de janvier ? Tu t’y es collé sans moufter, comme s’il s’agissait d’une finale de Coupe du monde à chaque fois.

Dire qu’il n’y a pas si longtemps, un collègue de la maison, l’infâme, t’a conseillé d’acheter un chien pour tenter de soigner ta déprime, alors qu’il suffisait seulement d’une ouverture en caviar massif de Di Maria pour te redonner « une nouvelle vie », comme tu l’as dit après-coup (en plus t’es un petit Pablo Neruda qui s’ignore, Edinson). Dire qu’il n’y a pas si longtemps, un conseil des sages s’est réuni pour te punir à cause d’un départ prématuré pour l’Uruguay. Certes, tu aimes un peu trop les vacances au pays. Mais comment t’en vouloir de rentrer plus tôt pour passer du temps avec ton fils, quand certains vont chasser l’élan en pleine semaine d’entraînement sans que personne n’y trouve rien à redire en interne ?

Pardonne-nous une dernière fois, Edinson, de ne retenir que ces occasions ratées, à Stamford Bridge, à Bernabeu, au Nou Camp, au Roudourou, à la Beaujoire, à la Mosson, à Louis II, au Stadium, dans ton jardin aussi, probablement. On t’aime avec tes imperfections, et l’on se prépare déjà stoïquement à cette frappe en tribunes (aux six mètres, tout de même…), qui éliminera le PSG en demi-finale de la C1, voire même dès le retour à Londres dans trois semaines. Promis « Edi », on mettra alors tout l’amour du monde dans nos insultes.

Bien à toi,

La rédaction sport de 20 minutes.