Mondial de handball: Folie dans les buts, Gérard a été monstrueux pendant qu'Omeyer cirait le banc

HANDBALL On ne s'y attendait pas du tout à celle-là, surtout en demi-finale d'un Mondial...

Nicolas Camus

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Vincent Gérard, élu homme du match lors de la demi-finale du Mondial France-Slovénie, le 26 janvier 2017 à Bercy.
Vincent Gérard, élu homme du match lors de la demi-finale du Mondial France-Slovénie, le 26 janvier 2017 à Bercy. — THOMAS SAMSON / AFP

Cela a finalement été la seule surprise de la soirée : voir Vincent Gérard s’installer dans les buts de l’équipe de France dès le coup d’envoi de la demi-finale entre la France et la Slovénie, pendant que Thierry Omeyer prenait place sur le banc. Cela faisait tellement longtemps que ça n’était pas arrivé à notre Titi national en compétition qu’on ne souvient même plus de la dernière fois. Nos collègues handballophiles non plus.

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Si ce choix a été une surprise, il n’était pas illogique pour autant. Entré en fin de première période lors du quart de finale contre la Suède pour prendre la relève d’un Omeyer dépassé (2 arrêts sur 15), le numéro 2 avait fait le taf. Et que dire de cette demie ! Gérard a sorti 16 arrêts, ne permettant jamais aux Slovènes d’espérer revenir dans le match… et à son titulaire de rentrer.

Elu homme du match, le gardien de Montpellier était évidemment heureux après la rencontre. Mais il n’a jamais été du genre à fanfaronner, et ce n’est pas cette prestation qui l’a fait changer. « Les performances individuelles importent peu, c’est quand on a 13 ans qu’on est content de briller, balaye-t-il. Le plus important est la qualification pour la finale. Maintenant, on va récupérer pour s’imposer dimanche. »

« Thierry est un grand garçon, il comprend les choses »

Et Titi, alors, comment il a vécu tout ça ? Très bien, apparemment. Mais pour lui, la performance de son second n’est que le reflet de ce qu’il se passe dans le groupe. « Vincent a fait du super boulot, mais je suis satisfait du comportement de tout le monde, dit le capitaine. On a 16 joueurs prêts à tout donner, que ce soit pour deux minutes ou cinquante. Je suis très fier de mon équipe, de chaque joueur. »

En fait, pour commenter la prestation de Gérard et ce choix pas anodin, mieux vaut se tourner vers l’un des deux coachs. Guillaume Gille au micro :

  • Qu’avez-vous pensé de son match ?

On a vu une très belle prestation de Vincent, qui a eu une contribution très forte dans le résultat. Avec ses parades, il a cassé, sapé le moral de l’adversaire. Il nous a permis aussi de marquer quelques buts avec ses relances rapides. On a besoin de nos deux gardiens. Le voir réaliser ce match, c’est génial.

  • Pourquoi avoir choisi de l’aligner ?

Ça a été un vrai choix, lié à la forme du moment. Il avait fini très fringant et avec le plein de confiance lors du dernier match. L’idée, c’était de le lancer dans le grand bain sur cette demi-finale. Et quand on voit sa prestation, on peut se dire que c’était un bon choix.

  • Est-ce que c’était aussi lié au fait qu’il joue à Montpellier [où il a eu quatre joueurs slovènes comme coéquipiers] ?

Oui, bien sûr. Même si Thierry les connaissait bien aussi. Au-delà de cette grosse performance, l’important est que le poste fonctionne bien. Et c’est le cas depuis le début de la compétition avec Thierry et Vincent. Ils sont dans une bonne relation. Si on est là, c’est grâce à eux aussi.

  • Comment on annonce à quelqu’un comme Omeyer qu’il ne débutera pas une demi-finale ?

On lui annonce en lui expliquant quelle est la logique. Après, Thierry est un grand garçon, avec beaucoup d’expérience. Il comprend les choses. Et rien n’est figé, rien n’est fermé. Ça a été simple, je vous assure.

On a tout de même trouvé quelqu’un, en zone mixte, pour nous dire du mal de Vincent Gérard. Son coéquipier à Montpellier Valentin Porte a noté un gros point noir dans sa prestation. « Il y a son tir dégueulasse en fin de match, là, qui gâche un peu tout. C’est dommage », dit l’ailier en référence à la tentative ratée de son gardien depuis ses cages alors qu’il n’y avait plus personne dans le but adverse.

Vous l’aurez compris, c’était pour de rire, bien sûr. Porte est même, en réalité, assez impressionné. « Il a su supporter cette pression. Je lui demanderai comment il a abordé la rencontre, d’ailleurs, parce que commencer une demi-finale d’un Mondial, avec la pression qu’il y a sur l’événement, on peut vite s’écrouler. Je lui tire mon chapeau ». Nous aussi. Même si on a quand même hâte de voir le match que va nous sortir Omeyer en finale.