Mondial de handball: Lui, c’est Sander Sagosen, et il va bien emm… nos Experts avec la Norvège

HANDBALL Il a 21 ans et est censé devenir le meilleur joueur du monde incessamment sous quelques années...

Nicolas Camus

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Le Norvégien Sander Sagosen, futur grande star du handball mondial.
Le Norvégien Sander Sagosen, futur grande star du handball mondial. — LOIC VENANCE / AFP

Une gueule d’ange sur un corps de bûcheron. Pardon pour la description un peu clichée, mais elle colle tellement bien au bonhomme qu’on ne peut pas s’en empêcher. Si vous ne devez connaître qu’un nom de la jeune équipe de Norvège qui va défier la France dimanche après-midi lors du Mondial, c’est le sien:  Sander Sagosen, demi-centre, 21 ans, 1,95m pour 95 kg. Joueur de première division locale à 17 ans, international à 18, joueur clé du club danois d’Aalborg à 19, il est ce qu’on appelle communément un surdoué.

On dirait pas, comme ça, qu'il est méchant.
On dirait pas, comme ça, qu'il est méchant. - Lukasz Laskowski/PRESSFOC/SIPA

Ceux qui suivent assidument le hand le connaissent déjà, au moins depuis janvier dernier. Il s’est révélé lors de l’Euro en Pologne, où la Norvège avait pris une étonnante quatrième place… après avoir battu et éliminé les Bleus lors du tour principal (29-24). Sagosen a été élu meilleur demi-centre de la compétition. A 20 ans.

«»Malgré son jeune âge, il arrive à pousser des portes très vite, remarque Guillaume Gille, qui s’y connaît pas mal en demi-centre. C’est quelqu’un qui, en ce moment, marque l’esprit de tout le monde. Sa cartouchière est pleine, il peut l’utiliser à loisir. Il est dangereux par sa capacité à traverser et tirer, et compliqué à arrêter dans les duels car il a une grosse puissance physique.»

Voilà, pas besoin de faire un dessin. Pour tous les spécialistes, il fera partie des cinq meilleurs joueurs du monde dans peu de temps. Certains n’hésitent d’ailleurs pas à le comparer à Nikola Karabatic. En attendant, il sera bien sûr la menace numéro 1 pour les Bleus ce dimanche. Auteur de six buts lors de la victoire face à la Russie samedi soir (28-24), il arrive lancé. «Il nous avait fait très mal l’année dernière, se souvient Michaël Guigou. Il sait mener et marquer, et en plus il ne refuse pas le combat. On va devoir bien le maîtriser.»

Pas de panique, même sans Luka Karabatic, les Français ont tout de même de quoi faire. «On a de la densité physique, du poids à lui mettre en face, dit Gille. Le but, c’est qu’il se retrouve dans des situations compliquées, où il aura moins de temps pour décider.» Et puis, c’est bien beau la jeunesse, mais ça a aussi ses limites.

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Sagosen n’est pas encore un joueur totalement accompli. «Il a encore quelques points faibles, ce n’est pas un grand défenseur, et il doit aussi être confronté aux exigences du très haut niveau sur la durée», résume Bruno Martini sur le site du Mondial. L’ancien gardien, aujourd’hui manager général du PSG, a bien étudié le phénomène. Au point de le recruter. Et oui, Sagosen jouera en France la saison prochaine. Il aura tout le temps de demander à Karabatic comment on fait pour vraiment devenir le meilleur.