OL-RC Strasbourg : Entre jet lag et offrandes sur le terrain, Bruno Guimaraes a vécu une soirée « magique »

FOOTBALL Le milieu lyonnais, qui revenait du Brésil dans un avion vendredi, a (encore) livré un match remarquable dimanche face à Strasbourg (3-1)

Jérémy Laugier
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Bruno Guimaraes, ici à la lutte avec Kevin Gameiro, a été le symbole d'un OL montant en puissance, dimanche contre Strasbourg, surtout en deuxième période. JEFF PACHOUD
Bruno Guimaraes, ici à la lutte avec Kevin Gameiro, a été le symbole d'un OL montant en puissance, dimanche contre Strasbourg, surtout en deuxième période. JEFF PACHOUD — AFP
  • Si l’OL est venu à bout du RC Strasbourg dimanche (3-1), il le doit en partie au gros match de son milieu brésilien Bruno Guimaraes.
  • Vainqueur des JO de Tokyo en août avec la Seleçao, le joueur de 23 ans vient d’enchaîner une trêve internationale en Amérique du Sud et ce match de Ligue 1, moins de 48 heures après son retour à Lyon.
  • Epatant depuis le début de la saison, Bruno Guimaraes indique que l’une des clés de sa réussite est sa relation de confiance avec le nouvel entraîneur Peter Bosz, alors qu'il était en froid avec Rudi Garcia.

Au Parc OL,

Bruno Guimaraes avait vraiment décidé de se faire le grand chelem absolu que peut proposer la vie d’un footballeur professionnel en 2021. A savoir une trêve internationale en Amérique du Sud, avec à la clé 57 minutes de jeu disputées sous le maillot brésilien entre les matchs contre le Chili le 3 septembre et le Pérou vendredi, plus l’imbroglio du choc face à l’Argentine, plus un vol privé partagé avec son ami de l’OL Lucas Paqueta, mais aussi Neymar et Gerson, afin de rallier la France au plus vite. Contrairement à ses compatriotes, et en raison d’une programmation favorable, Bruno G. était titulaire en Ligue 1 malgré le jet lag, dimanche face à Strasbourg (3-1), moins de 48 heures après son retour à Lyon.

Et ce au sortir d’un été à 3.000 à l’heure là aussi, marqué par sa médaille d’or aux Jeux olympiques de Tokyo... huit jours avant qu’il ne soit titulaire en championnat à Angers (3-0). Une heure après la fin de la rencontre de dimanche soir, lorsque la plupart de ses coéquipiers ont déjà quitté le Parc OL, le milieu brésilien se coltine tranquillement une conférence de presse de 10 minutes à l’auditorium du stade, avec le sourire et dans un français exquis, tant qu’à faire. « La vérité, je suis mort, se marre-t-il lorsqu’on lui demande comment il a pu enchaîner 90 minutes de jeu contre le Racing, au sortir de son éreintante escapade sud-américaine. Il y a 48 heures, j’étais dans un jet privé pour pouvoir jouer ce match. Je n’ai pas réussi à bien dormir ces jours-ci. Ce lundi, c’est repos et je compte dormir toute la journée. »

« Je me sens vraiment chez moi à Lyon »

Au vu de sa deuxième période tout en justesse dimanche (on vous conseille en gourmandise son elastico/virgule ronaldinhesque en pleine surface), qui a pu rappeler ses étincelants débuts avec l'OL, en février et mars 2020, avec un climax contre la Juve en Ligue des champions (1-0), ce jour de relâche est plus que mérité. « C’était magique ce soir, savoure l’intéressé. C’était mon 50e match avec Lyon et je ne me suis jamais senti comme je me sens là. Je me sens vraiment chez moi et ça, c’est important pour moi. J’ai l’objectif de jouer la Coupe du monde 2022, et cette année va beaucoup compter pour ça. J’ai déjà fait des bons matchs ici mais oui, avec ce coach-là, je me sens vraiment bien. »

L’une des explications majeures au super début de saison de Bruno Guimaraes se trouve donc clairement dans sa proximité avec Peter Bosz, à des années-lumière des rapports qu’il a pu entretenir avec son prédécesseur Rudi Garcia. « La saison dernière, j’ai été blessé, et il s’est aussi passé des choses que je n’ai pas aimées, rappelle-t-il sans vouloir s’étendre sur son ancien entraîneur tant décrié par Juninho. Cette année, le coach me transmet beaucoup de confiance. Je sais qu’il compte sur moi. »

Pour Bosz, « Bruno n’a pas été bon en première période »

Peter Bosz en a effectivement fait un titulaire indiscutable malgré la forte concurrence au milieu (Thiago Mendes, Maxence Caqueret, Houssem Aouar et Lucas Paqueta), mais l’entraîneur néerlandais ne compte pas l’épargner lorsqu’il est déçu, y compris devant la presse. Nul doute que ce rapport sans faux-semblant avec son nouvel entraîneur va faire beaucoup de bien au joueur de 23 ans. Lorsque la plupart des observateurs louent en boucle l’offrande du Brésilien sur la superbe ouverture du score de Moussa Dembélé (1-0, 8e), son coach a joué les climatiseurs en chef.

Cette passe de Bruno est extraordinaire sur le but. Mais sinon, il n’a pas été bon en première période. Si des joueurs perdent le ballon, je peux l’accepter. Mais pas Bruno, car sa première touche de balle est sa principale qualité. Elle est toujours bonne, mais pas aujourd’hui en première période. »

Pourra-t-il enchaîner contre les Rangers et le PSG ?

Rassurez-vous, l’ancien technicien du Bayer Leverkusen a comme tout le monde adoré sa réaction, à l’image de tout l’OL, en seconde période. Si bien qu'il espère que le club lyonnais trouvera une solution afin de pouvoir l’aligner, tout comme Lucas Paqueta, pour la première rencontre de Ligue Europa, jeudi (21 heures) aux Glasgow Rangers. Les protocoles sanitaires écossais devraient en effet empêcher les deux joueurs d’être qualifiés en raison de leur récent voyage en Amérique du Sud.

Le 3 septembre, Bruno Guimaraes a participé à la victoire (0-1) du Brésil au Chili lors des éliminatoires au Mondial 2022. CLAUDIO REYES / POOL
Le 3 septembre, Bruno Guimaraes a participé à la victoire (0-1) du Brésil au Chili lors des éliminatoires au Mondial 2022. CLAUDIO REYES / POOL - AFP

« Moi, j’ai envie de jouer, insiste Bruno Guimaraes. S’il le faut, je ferai des tests PCR tous les jours pour être sur le terrain jeudi. » Après cette semaine de globe-trotter de folie, quelqu’un sur cette planète doutait vraiment de son obsession d’enchaîner les deux chocs de la semaine à Ibrox Park jeudi et au Parc des Princes dimanche ?