Confinement : Un fan du RC Strasbourg rate son premier match depuis près de dix-huit ans

FOOTBALL Grégory Walter n'avait plus raté un match du Racing à l'extérieur depuis le 5 février 2003

Thibaut Gagnepain

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Avec leurs enfants, Grégory et Anaïs suivent le Racing partout. Enfin, pas en ce moment...
Avec leurs enfants, Grégory et Anaïs suivent le Racing partout. Enfin, pas en ce moment... — A. Ighirri / 20 Minutes
  • La fin d’une incroyable série. Confiné, Grégory Walter n’a pu assister au match du RC Strasbourg, dimanche à Reims (défaite 2-1 des Alsaciens).
  • C’était la première fois depuis le 5 février 2003 qu’ils ne voyaient pas ses protégés jouer à l’extérieur.
  • « J’avais organisé et structuré ma vie autour du Racing. Ce match raté à Reims marque la fin d’une série mais pas de mon mode de vie. Même après plusieurs mois de sevrage, je ne serai pas guéri ! », lance-t-il.

Son décompte s’est arrêté à 6.479. Comme le nombre de jours pendant lesquels il n’avait raté aucun match du RC Strasbourg à l’extérieur. Depuis le 5 février 2003 et une rencontre à Montpellier, Grégory Walter était de tous les déplacements du club alsacien. En France mais aussi à l’étranger pour les rares épopées européennes.

« J’avais même réussi à voir un match à huis clos à Bastia (en 2010). Avec le soutien du Racing, on avait pu se faire passer pour des étudiants en journalisme », s’amuse cet « accro depuis l’âge de 10 ans et le barrage d’accession en D1 contre Rennes à la Meinau ». Mais dimanche pour la 9e journée de Ligue 1 à Reims, il n’a rien pu faire. Confinement oblige, le fan est resté bloqué chez lui, à Innenheim.

« J’aurais été seul à aller au stade, j’aurais peut-être tenté quelque chose. Mais pas à quatre », avoue celui qui avait pris l’habitude de partager ces moments avec son épouse, Anaïs, et ses deux enfants, Charlotte et Robin. Peu importent les contraintes (poussettes, biberons etc.), les quatre avaient toujours trouvé des solutions pour suivre partout leur équipe de coeur. Même le lendemain de la naissance de son fils, en 2014, Grégory Walter avait pu se rendre à Bourg-en-Bresse !

« Je l’avais encouragé à s’y rendre car ça lui tenait à cœur », se souvient la jeune maman, supportrice aussi du club alsacien depuis son adolescence. « Moi, ça fait plus de 19 ans que je n’ai pas raté un match du Racing à la Meinau. Vu comme j’étais triste pour mon mari, ça devrait me faire quelque chose vendredi prochain contre Marseille… »

« Je ne regarde jamais de match à la télé »

La petite famille ne ratera évidemment pas la prestation de ses protégés. Mais ça n’aura, une nouvelle fois, pas la même saveur. « Je ne regarde jamais de match à la télé. Dimanche, j’ai dû me résigner, la mort dans l’âme, à souscrire l’abonnement. Ce n’était franchement pas très exaltant de regarder sur un écran », avoue l’actuel vice-président de la Fédération des supporteurs du RC Strasbourg. « Nous ce qu’on aime, c’est le côté associatif, l’ambiance etc. Là, on n’a pas pris de plaisir et les enfants pas beaucoup non plus. Déjà dans les stades à moitié vide, ils aimaient moins », complète son épouse, consciente également que la situation pourrait durer.

« Ce dont je rêve maintenant, c’est d’une Meinau pleine. Ce sera alors la fin du purgatoire ! », se projette déjà Grégory Walter, loin d’avoir renoncé à des prochains déplacements. « J’avais organisé et structuré ma vie autour du Racing. Ce match raté à Reims marque la fin d’une série mais pas de mon mode de vie. Même après plusieurs mois de sevrage, je ne serai pas guéri ! »

« On va prendre notre mal en patience, conclut Anaïs Walter. C’est dur pour nous mais on a conscience qu’il y a beaucoup plus grave en ce moment. »