Girondins de Bordeaux : « Il faut remettre de la cohésion, de l’unité », estime Alain Roche

INTERVIEW Le nouveau directeur sportif du club revient sur ses premières semaines au Haillan

Propos recueillis par Clément Carpentier

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Alain Roche, le directeur sportif des Girondins de Bordeaux.
Alain Roche, le directeur sportif des Girondins de Bordeaux. — Q.Salinier / Girondins de Bordeaux
  • Le 10 août dernier, Alain Roche est devenu le nouveau directeur sportif des Girondins de Bordeaux. Il a remplacé l’Espagnol Eduardo Macia.
  • L’ancien défenseur bordelais est de retour au club dans un contexte très compliqué à tous les étages. Il essaie depuis un mois de remettre de l’ordre.
  • Sans argent pour le mercato estival, il espère avant tout conserver la majorité de l’effectif actuel même s’il doit encore vendre avant le 5 octobre pour être dans les clous au niveau financier.

Il est comme à la maison. De retour aux Girondins 20 ans plus tard, Alain Roche peut même aller manger chez papa et maman entre deux rendez-vous, comme à l’époque où il fréquentait le centre de formation du club puis l’équipe professionnelle entre 1985 et 1989 ou au début des années 2000. Depuis le 10 août dernier, l’ancien défenseur bordelais a retrouvé la plaine des sports du Haillan. Pas les vestiaires de celle-ci mais bien le château et ses bureaux cette fois-ci. Il est le nouveau directeur sportif des Marine et Blanc.

Une sacrée tâche quand on connaît un peu le contexte autour du club ces derniers mois. En tribune comme sur le terrain. Et avec en bonus, un club en pleine cure d’austérité. S’il n’est pas forcément très occupé par un mercato « atone » comme il dit, le nouveau patron du sportif enchaîne les entretiens depuis un mois pour tenter de remettre en route des Girondins pas loin de l’implosion au milieu de l’été. Pour 20 Minutes, il revient sur ces premières semaines dans son nouveau costume.

Qu’avez-vous ressenti lors de votre nomination ?

Beaucoup de nostalgie ! Beaucoup de souvenirs sont revenus. Je me suis rappelé des chemins que je prenais en voiture à l'époque car mes parents habitent toujours là. C’est surtout bien d’arriver dans un club que l’on connaît. J’ai reconnu très vite des visages. Après, il a vite fallu passer à autre chose car c’est un grand défi aujourd’hui d’être à la hauteur des espérances.

Dans quel état jugez-vous le club un peu plus d’un mois après votre arrivée ?

Je le trouve sain malgré ce que l’on a pu dire. Après il y a des réajustements à faire, on a déjà commencé à en faire notamment sur la formation, des gens sont partis. Raphaël Fèvre (ancien préparateur physique notamment du PSG, Valenciennes, Brest ou encore de Bastia) est arrivé pour s’occuper de la préparation physique. Patrick Battiston a repris son rôle de directeur du centre. Il y a des choses à réorganiser. Il faut remettre un peu de rigueur et redonner du « pouvoir » aux personnes. Chacun ne doit pas également faire ce qu’il veut dans son coin… Mais ce n’était pas non plus un club à l’abandon (sourires) malgré tout ce qui a pu être dit.

Il faut ramener un peu de cohésion ?

Oui, je crois que c’est le mot exact. Il faut remettre de la cohésion, donner envie de travailler ensemble. Remettre de l’unité, de la solidarité entre les gens. Redonner des objectifs mais ce n’est pas simple. Il faut du temps pour ça.

Quelle est votre priorité aujourd’hui ?

L’équipe professionnelle. C’est la locomotive du club. C’est ce que regardent les gens, ce que voit le public… Il faut qu’on ait une équipe équilibrée avec de bons résultats. Pour l’instant, on est plutôt satisfait. Il y a aussi ce qui se passe en dessous (le centre de formation), ça n’intéresse pas grand monde mais c’est très important pour nous parce que c’est le futur et le futur, ça se prépare.

Quel premier bilan sportif faites-vous ?

Je n’aime pas trop parler à la place de Jean-Louis (Gasset) car chacun doit être dans son rôle. Ce que je note, c’est l’état d’esprit irréprochable des joueurs pour le moment. Tout ce qu’on voit à l’entraînement se traduit dans les matchs. Une détermination, une envie de bien faire. Bien sûr, il y a des lacunes. On aimerait bien mieux maîtriser notre sujet sur le plan technique. Mais tout le monde doit être satisfait de l’état d’esprit. L’adhésion des joueurs est là. C’est primordial.

Alain Roche avec Jean-Louis Gasset, l'entraîneur des Girondins.
Alain Roche avec Jean-Louis Gasset, l'entraîneur des Girondins. - Mehdi Fedouach / AFP

Où en êtes-vous avec les supporteurs…

Désolé mais ce n’est pas moi qui gère ce dossier. Moi, je m’occupe vraiment que du sportif. On aimerait que ce soit plus apaisé pour le bien de tout le monde. On préfère des encouragements dans le stade pour l’équipe.

Quels sont vos objectifs sur cette fin de mercato ?

On a des objectifs de vente que l’on va tenter de réaliser mais ce n’est vraiment pas simple dans cette période. 10 millions ? C’est de l’argent, je ne peux pas vous en dire plus. Le problème c’est que le marché est complètement atone à part deux ou trois clubs qui bougent comme Chelsea. Les transferts sont bas, il y a peu de mouvements. Il y aura sûrement beaucoup de prêts dans les derniers jours.

Où en êtes-vous à propos du possible départ du jeune milieu de terrain croate Toma Basic ?

Il a envie de bouger comme tout joueur ambitieux. On n’est pas fermé à ça mais il faut que tout le monde s’y retrouve. Lui comme nous. Pour l’instant, on n’a toujours rien sur la table mais il reste trois semaines.

Comptez-vous sur l’attaquant nigérian Samuel Kalu cette saison ?

Bien sûr ! Kalu a un profil rare dans l’effectif, il percute, il provoque… Alors pour des choix tactiques, il ne joue pas tous les matchs mais on compte sur lui et on espère le garder.

Alexandre Mendy va-t-il rejoindre Caen ?

Il y a un intérêt de leur part pour le joueur. On attend de savoir quelle proposition va être faite mais bon, Alexandre Mendy a lui envie de partir donc je me fais à l’idée qu’il va partir. Je ne sais pas encore s’il partira libre, on va voir. En tout cas, personne d’autre nous a demandé de partir et puis vous savez, les joueurs ils demandent à partir quand ils ont une solution et là quand on voit le marché, c’est très compliqué.

Sur les nombreux joueurs en fin de contrat en 2021 (Pablo, De Préville, Sabaly, Poundjé, Jovanovic, Baysse)… Pas d’avancées ?

On ne s’est pas encore positionné. Il est trop tôt. On a joué trois matchs. On fera bientôt un premier bilan mais pour l’instant, on a demandé à personne de partir. Il n’y a aucune précipitation à avoir.

Vous espérez une ou deux recrues ?

Vous savez il suffit de regarder tous les clubs en Europe pour se rendre compte que tout le monde réduit la voilure avec les incertitudes liées au Covid-19 et le manque à gagner sur la billetterie, le sponsoring, les partenariats… Moi, je n’ai jamais vu un marché des transferts autant à l’arrêt. C’est la première fois. Il faut aussi penser à garder pas mal de joueurs car si demain vous avez 4-5 joueurs touchés par le virus, il faut quand même être capable d’aligner une équipe compétitive en match.

Votre priorité est toujours de trouver un milieu de terrain pour seconder Otavio ?

Déjà, on a les retours de Zerkane et Adli, ce sont des bonnes nouvelles. Mais c’est vrai que des joueurs du profil d’Otavio, il n’y en a pas vraiment. On regarde ce qu’il se passe mais si on ne peut pas, on restera avec cet effectif-là qui est plutôt cohérent sur ce qu’il montre sur les trois premiers matchs.