PSG-OM : « Rien ne m’intéresse sur la première mi-temps », l’étrange com' de Villas-Boas après la déroute marseillaise

FOOTBALL Le coach portugais a une vision bien à lui du Classique, et il s’est d’ailleurs chauffé avec Thomas Tuchel sur le sujet

Nicolas Camus

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André Villas-Boas n'avait pas vraiment envie de jouer face au PSG, en fait.
André Villas-Boas n'avait pas vraiment envie de jouer face au PSG, en fait. — AFP / Montage
  • L'OM a chuté très lourdement au Parc des Princes face au PSG, dimanche soir. 
  • Son coach, André Villas-Boas, était presque dans le déni à la fin du match, préférant passer directement à la suite.
  • Il ne sera que plus attendu encore face à Lille et Lyon, les deux prochains matchs si importants pour l'OM en championnat. 

De notre envoyé spécial au Parc des Princes,

On peut être sceptique sur la manière d’aborder ce match d’André Villas-Boas, mais on peut au moins lui reconnaître de la suite dans les idées. Après avoir minimisé autant que possible l’importance de ce Classique et fait comme s’il s’en foutait parce qu’il y a « un milliard d’euros de différence entre le PSG et l’OM », le coach portugais a remis ça après la rencontre. 4-0 ? En une mi-temps ? Pas vu.

« Que voulez-vous que je vous dise ? Ils étaient très bons et très efficaces en première mi-temps, ils ont fait la différence avec leurs qualités individuelles. Maintenant, on passe au prochain match, celui-là est fini. Je suis fier de mes joueurs pour la deuxième mi-temps. C’est difficile de sortir du vestiaire avec un score de 4-0. Mes joueurs ont continué de jouer avec autorité, avec de très bonnes performances individuelles et collectives. Rien ne m’intéresse sur la première mi-temps, et surtout pas le résultat. »

Une réponse assez surréaliste, et pas seulement au sujet de la « très bonne performance collective » de ses joueurs. On voit où il veut en venir avec son discours fataliste, son envie d’évacuer cette soirée et de se projeter vers la suite, si importante pour l’OM. Mais quand même, on ne s’attendait pas à autant de cynisme.

Villas-Boas était tellement dans son truc qu’il n’a pas pu s’empêcher d’en mettre une petite à Thomas Tuchel, qui avait, lui, relevé le caractère spécial de cette rencontre. Au moins pour les supporters. Interrogé là-dessus au micro de Canal, le Portugais s’est agacé. « On n’a pas besoin de pression. Thomas Tuchel peut inventer les choses qu’il veut inventer, avec l’effectif qu’il a, les millions qu’il a, les milliards qu’il dépense… Pour moi, il doit se concentrer sur la Ligue des champions. »

Merci pour le conseil André, mais a priori, l’entraîneur parisien s’en passera. En revanche, il avait quelques mots à lui adresser, quand même. « C’est mon avis, c’est un match avec une grande histoire en France, qu’on doit respecter. Avantagés ou non [financièrement], on doit le gagner, montrer notre qualité. Dans le foot, tout est possible. On respecte l’histoire, on respecte le jeu, on respecte le foot. Pour jouer contre l’OM, on doit jouer avec le cœur, avec l’agressivité, pas seulement être bien tactiquement ou techniquement. »

Lille et Lyon, les vrais concurrents

Allez hop, il y a contact, mais ça joue. Villas-Boas se rendra vite compte dans les prochains jours à Marseille s’il a eu raison de la jouer comme ça ou non. En tout cas, il sera très attendu face à Monaco, mercredi en Coupe de la Ligue, et surtout les deux week-ends à venir face à Lille puis Lyon au Vélodrome. « Ce sont eux nos concurrents, rappelle Kevin Strootman. Paris joue un autre championnat. Nous, on doit surtout penser à ces prochains matchs très importants. »

C’est vrai que même sans avancer, l’OM reste à trois points de la deuxième place… tout en n’ayant qu’un petit point d’avance sur le douzième. Magie de l’autre championnat derrière le PSG. « L’objectif, c’est le podium. Il faut retrouver les gars cette semaine », avertit Villas-Boas. Le discours s’annonce déjà plus musclé.