OL-Dijon : Pressing, discipline, débuts de Cherki… Quelle est déjà la patte de Rudi Garcia sur ce Lyon ?

FOOTBALL Rudi Garcia, Juninho et Jean-Michel Aulas se veulent résolument optimistes depuis samedi malgré le nul concédé contre Dijon (0-0)

Jérémy Laugier

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Malheureux dans la finition contre Dijon samedi (0-0), Moussa Dembété a symbolisé l'inefficacité lyonnaise du moment.
Malheureux dans la finition contre Dijon samedi (0-0), Moussa Dembété a symbolisé l'inefficacité lyonnaise du moment. — Laurent Cipriani/AP/SIPA
  • Encore tenu en échec samedi par Dijon (0-0), l'OL n’a plus remporté le moindre match de Ligue 1 depuis huit journées.
  • Malgré cette inquiétante série, la dernière demi-heure des joueurs de Rudi Garcia a rassuré les dirigeants lyonnais.

Au Parc OL,

« C’est frustrant, il n’y a pas d’explication. Rudi Garcia ? Du plus. » En envoyant le seul Moussa Dembélé face aux médias, samedi soir après le nul contre Dijon (0-0), l'OL a clairement mis à mal la stratégie du verre à moitié plein qu’ont tenté de distiller Juninho en zone mixte puis Jean Michel Aulas, via une interview dans L’Equipe. Car l’attaquant lyonnais avait autant envie d’échanger avec la quinzaine de journalistes présents que de buter tout l’après-midi sur le solide gardien bourguignon Alfred Gomis.

Durant deux minutes, le regard sombre et les réponses plus que minimalistes, l’ancien joueur du Celtic Glasgow a incarné un OL s’enlisant en bas de tableau, avec huit rencontres de rang sans succès en L1 et une 16e place à un point de la nouvelle lanterne rouge dijonnaise. C’est simple : Lyon a été dépassé samedi par Toulouse et Metz, et compte par exemple neuf points de retard sur le FC Nantes (2e) et quatre sur le promu brestois (8e) après dix journées. Un départ catastrophique avec un point de moyenne par match, mais un optimisme ambiant lié à l’arrivée de Rudi Garcia. Malgré le contexte électrique du Parc OL samedi, voici trois points d’espoir mis en avant par le trio Garcia-Juninho-Aulas.

Enfin un OL qui « ultra-domine » un petit

Depuis le festival contre Angers le 16 août (6-0), hormis peut-être une bonne séquence collective face à Nantes (0-1), l'OL avait jamais vraiment su imposer pressing et allant offensif à qui que ce soit en Ligue 1. Là, après une première période « diesel » (dixit Rudi Garcia), les Lyonnais ont étouffé le DFCO durant la dernière demi-heure. « Toutes les stats [notamment dix tirs cadrés à un] sont au vert sauf le résultat, constate le nouvel entraîneur de l’OL. La deuxième période m’a plu, on a mis la pression et on a ultra-dominé. Il faut positiver car il y avait du mouvement, de l’envie, de la simplicité dans les combinaisons et des occasions. »

Juninho confirme sans surprise le nouvel élan offensif lyonnais : « Oui, on doit encore monter notre agressivité devant le but mais je préfère rater des occasions que ne pas être capable d’en créer. La différence est là car avant, on était fébriles au niveau de la construction du jeu ». Si on compare la fin de cet OL-Dijon avec l’intégralité de la bouillie dans le derby pour la der de Sylvinho, cet optimisme s’entend.

La discipline et l’agressivité de retour

Juninho l’a révélé devant la presse samedi soir : la priorité de Rudi Garcia a été « d’essayer de changer la discipline et l’agressivité de l’équipe ». Là aussi, les premiers effets se sont fait sentir, hormis dans le dernier geste offensif. Les échecs répétés de Moussa Dembélé, Maxwel Cornet et surtout Jeff Reine-Adélaïde, auteur d’un loupé XXL de la tête face à Alfred Gomis (66e), ont eu des allures de malédiction du jour. « La maladresse peut venir de joueurs qui ne sont pas en confiance, estime Jean-Michel Aulas dans L’Equipe. Mais je pense que le contexte, qui était lourd, a aussi joué. »

Rayan Cherki, symbole d’une nouvelle donne

Ce qui n’était qu’une blague après la nomination de Rudi Garcia, y compris à 20 Minutes, est devenu samedi un symbole fort. Choisi aussi par Jean-Michel Aulas et Juninho pour son souhait de s’appuyer sur « la formidable académie » lyonnaise, l’ancien entraîneur de l’OM a offert sa première convocation et carrément ses premières minutes avec les pros à Rayan Cherki. Cette pépite offensive de 16 ans, autant ovationnée à son entrée en jeu que Garcia, Mendes et Traoré ont été sifflés, n’est pas parvenue à se mettre en valeur durant le dernier quart d’heure.

Mais en devenant le premier joueur né en 2003 lancé en Ligue 1, Rayan Cherki a pris rendez-vous et pourrait amener de la fraîcheur dans une attaque où plusieurs joueurs semblent dans l’impasse cette saison (un but pour Cornet, aucun pour Traoré et Terrier). « Ça n’a l’air de rien, mais l’entrée de Rayan, c’est le signe qu’on redevient ambitieux et en phase avec l’ADN de l’OL, indique JMA. On a inversé la spirale, elle va vers le haut alors qu’on était jusqu’ici dans une spirale qui nous descendait aux enfers. » Comme quoi, même un 0-0 contre un relégable peut être une première marche vers le paradis, à en croire le président lyonnais.