VIDEO. OL-Barcelone: Pourquoi ça sentait bon le retour des grandes soirées européennes à Lyon

FOOTBALL Malgré une issue sans but, le 8e de finale aller de Ligue des champions OL-Barcelone s'est bien révélé spécial pour au moins sept raisons, mardi à Décines

Au Parc OL, Jérémy Laugier

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Ce n'est pas tous les jours qu'Anthony Lopes a l'occasion de s'interposer devant le meilleur joueur du monde.
Ce n'est pas tous les jours qu'Anthony Lopes a l'occasion de s'interposer devant le meilleur joueur du monde. — Kieran McManus/BPI/REX/Shutterstock/SIPA
  • Si les 57.889 spectateurs espéraient sans doute une rencontre plus débridée que ce 0-0, la soirée au Parc OL a tout de même été spéciale mardi.
  • 20 Minutes vous liste les sept principales raisons prouvant qu’on n’avait pas affaire à un 16e de finale de Ligue Europa contre Alkmaar.

Qu’elle semblait loin, cette petite routine des phases finales de Ligue des champions pour l'OL. Systématiquement dans le Top 16 européen de 2004 à 2012, les Lyonnais ont mis fin mardi à une traversée du désert de sept ans sans soirée à se confronter au gratin en aller-retour. Et encore, le dernier rendez-vous avait plus des allures d’affiche de Coupe Intertoto face à l’Apoel Nicosie (1-0 ; 0-1, 3-4 aux tirs au but). Voici en sept points pourquoi ce sommet contre le Barça (0-0) s'est bien révélé si spécial.

Un stress lié à la compo incertaine. La dramaturgie d’avant grand match était bien au rendez-vous. Les présences de Tanguy Ndombele et surtout Jason Denayer, incertains, n’avaient déjà pu être garanties que la veille du 8e de finale aller contre le Barça. A voir le match de mammouth du défenseur belge, on ose à peine imaginer ce qu’auraient donné ces situations face à Lionel Messi ou Ousmane Dembélé sans lui.

Nouveau coup de stress inattendu durant l’échauffement d’avant-match avec Ferland Mendy, touché à la cheville après un contact avec Marcelo. Rentré au vestiaire se faire soigner, le latéral gauche a finalement pu tenir sa place in extremis. Quant à la suspension de Nabil Fekir, il y avait là un air d’absence de Juninho lors du quart aller de C1 en 2006 face au Milan AC (0-0), non ?

Un Parc OL en ébullition. De l’extérieur, ça peut sembler un cliché. Mais il y avait vraiment un parfum de grand soir mardi dans l’enceinte de Décines, remplie bien plus tôt que d’habitude. Avec 57.889 spectateurs et presque autant de supporters, comme a tout fait pour s’en assurer l’OL, le mode Ligue des champions était activé dans les travées du Parc OL.

Et ce dès le chant d’avant-match « Pour ce blason », habituellement non chanté par le public et divisant les fans lyonnais. Pour la première fois, celui-ci a eu l’allure d’un véritable hymne, repris massivement dans le virage nord. Et que dire du Ahou et du « Qui ne saute pas n’est pas lyonnais » dans la foulée, le tout accompagnés de tifos de haute volée dans tout le stade.

Un rang de VIP improbable. Avouez que rien que pour voir un jour dans sa vie un rang WTF Gérard Houllier- Kev Adams-Manuel Valls au-dessus de Jean-Michel Aulas et Gérard Collomb, ça valait le coup d’hériter du Barça de Lionel Messi au tirage au sort. On ne vous sent guère emballés par les célébrités de cet OL-Barça mais Michel Platini était aussi de la partie.

Un clin d’œil à Samuel Umtiti. Le virage nord n’a pas manqué de saluer son ancienne pépite de Ménival. Durant la rencontre, une banderole « Bienvenue chez toi Sam » a été déployée. Tout juste de retour dans le groupe catalan, Samuel Umtiti a apprécié la dédicace depuis le banc.

Des joueurs se révèlent. C’est le propre de ces potentiels matchs de légende : transcender de manière insoupçonnée des joueurs. Et mardi, on a eu droit à deux beaux exemples, tant cet OL-Barça a peut-être changé Léo Dubois et Martin Terrier. Perçus comme aussi appliqués que réservés, ils ont montré un visage étonnant pour ce 8e de finale.

Martin Terrier ne sait effectuer que sa petite frappe enroulée à la « Titi » Henry ? Il a lâché mardi avec un sacré culot une mine de 20 mètres que Ter Stegen a miraculeusement déviée sur sa transversale (10e). Léo Dubois est trop tendre dans les duels défensifs ? Il s’est hissé au niveau de la Ligue des champions mardi, notamment à la 63e minute, en s’arrachant dans un duel bouillant avec Luis Suarez avant d’haranguer le virage sud (63e).

Le virage sud réclame Juninho. Ça faisait un moment que les supporters n’avaient plus chanté à la gloire de leur icône absolue, Juninho. Mais là, à la 58e minute de jeu, c’était la situation rêvée pour remettre ça : un coup franc lointain excentré sur le côté gauche contre le Barça (vous l’avez ?).

Lorsque Memphis Depay a pris sa course d’élan, le virage sud entonnait donc un « Juninho lalalalala Pernambucano lalalalala » d’un autre temps. Celui où les gardiens catalans finissaient mystifiés dans leurs filets. Car oui, au fait, la tentative du Néerlandais n’a absolument rien donné, à l’image de son match terne à souhait.

Un Aulas méconnaissable. On doit bien l’avouer, on imaginait déjà Jean-Michel Aulas fanfaronner devant tous les médias après ce nul obtenu contre le grand Barça (0-0). En mode « On leur a tenu tête de bout en bout et on aurait dû l’emporter sur la frappe de Martin Terrier, mais ça ne vous a pas échappé que nous avons touché la barre pour la 8e fois sur les 9 derniers matchs de Ligue des champions ».

Et en fait non, JMA s’est contenté de réagir au micro de RMC Sport, sans citer Opta, et en évoquant simplement « une performance honorable ». Rendre le président lyonnais pondéré, ce n’est pas le plus mince exploit de la Ligue des champions.