Barça-PSG: Politique, chef d’entreprise, futur président du Barça… Piqué, «mes que» un joueur

FOOTBALL La défenseur du Barça est un être à part dans le monde du football...

B.V.

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Pique face au PSG, en février 2017
Pique face au PSG, en février 2017 — SIPA

De notre envoyé spécial à Barcelone,

Shakira. Voilà, c’est bon, c’est derrière nous. Puisque la Convention de Genève du journalisme nous oblige à citer au moins une fois sa compagne dans chaque article sur Gerard Piqué, on a préféré régler ça d’emblée. Parce qu’ici, on ne parlera pas une seconde de la vie privée du défenseur du Barça, ni même de son rendement sur le terrain. Ce serait franchement trop dommage de réduire le champion du monde à ça.

Disons-le sans faire offense aux autres footballeurs, Piqué est un joueur à part dans la sociologie du ballon. Né dans une famille très aisée de la bourgeoisie catalane (sa mère est une neurochirurgienne réputée, son père chef d’entreprise), il a étudié dans les meilleurs lycées du coin pendant sa formation au Barça, avant de partir à Manchester United dans une sorte d’Erasmus du foot puis de revenir à la maison pour exploser chez les pros.

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La suite est aussi surprenante : malgré quelques titres sympas, genre champion du monde et d’Europe, le foot ne lui suffit pas. Très vite, il décide de devenir chef d’entreprise. Il crée ou achète des parts de toutes sortes d’entreprises, que ce soit dans le business des lunettes de soleil, des boissons énergétiques, des chaînes de restaurants ou des entreprises de jeux vidéos.

Pote avec Zuckerberg

« C’est un hyperactif, note François David, commentateur pour BeIN SPORTS Espagne. Il gère aussi bien sa carrière de star du football qu’en dehors et emploie des centaines de personnes. » Devenu pote un peu par hasard avec le boss de Facebook Mark Zuckerberg – « un grand entrepreneur mais un type tout à fait normal » -, Piqué n’est pas juste un prête-nom. Il expliquait en juin dernier à L’Equipe Mag avoir passé deux jours entiers à fouiller les profils Facebook  de ses employés chez Kerad Games, son entreprise de jeux vidéos, pour leur offrir lui-même des cadeaux personnalisés.

« Je passe tous les jours ici, après l’entraînement, racontait-il dans cette interview. Mon rôle est de superviser l’évolution des projets. Donner des directives, des idées. Mais je ne suis pas un gros lourd dans le management. Je ne demande pas des rapports tous les jours. Les gens se sentent bien et donnent leur meilleur quand l’ambiance est bonne. »

« C’est un peu l’image qu’on se fait de lui : quelqu’un d’humain, de réfléchi, d’intelligent et d’ambitieux, admire Sergio, quarantenaire socio du Barça. C’est le genre de personne qui peut faire ce qu’il veut de sa vie et réussir quand même. Tout le monde l’adore ici. »

Sans doute aussi parce qu’on ne trouve pas plus catalan que lui. Piqué, à Barcelone, c’est une sorte de légende vivante. Parce que c’est un enfant du pays, du club même – il a reçu son premier carnet de socio du club après sa naissance de la part de son grand-père, lui-même ancien vice-président du club. Parce qu’il a souvent allumé le Real et défendu son Barça. Parce qu’il aime la Catalogne plus que tout, peut-être même que l’Espagne.

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Ce qui lui a d’ailleurs plusieurs fois causé des problèmes. Pourtant toujours irréprochable avec la Roja, Piqué a plusieurs fois été victime de polémiques à la con, vraiment. On lui reproche son régionalisme, et notamment des prises de positions politiques dans l’épineux débat sur l’indépendance de la Catalogne. Favorable au « droit à choisir », c’est-à-dire à la tenue d’un référendum, il a pourtant toujours évité de réclamer directement l’indépendance.

« S’il arrête sa carrière à 35, il sera président du Barça à 37 »

Malin, capable de donner son avis avec finesse et humour, Piqué est aussi politique. Sans doute embrassera-t-il un jour une carrière en costard, d’ailleurs. En commençant par le poste de président du Barça. « Entraîneur, je ne me l’imagine pas, expliquait-il en novembre dernier. Alors que président, en revanche, je crois que je pourrais bien faire les choses et c’est au final ce qui me passionne. »

Crédible ? « S’il arrête sa carrière à 35, il sera président du Barça à 37, tranche François David. C’est un homme très respecté, dont la parole est très écoutée, attendue même. Il est le premier à défendre les intérêts du Barça, peut être plus que le président actuel d’ailleurs (Bartomeu). Les supporters se sentent représentés par lui. Son rêve, c’est lui président, Puyol directeur sportif et Xavi entraîneur. C’est le garant de l’esprit du Barça, tant au niveau sportif qu’au niveau entrepreneurial. »

Ce n’est d’ailleurs pas tout à fait un hasard s’il a offert sur un plateau au Barça son nouveau sponsor maillot, le Japonais Rakuten, dont il avait rencontré le patron à titre personnel. « S’il se présente, je voterai pour lui sans l’ombre d’un doute, conclut Sergio, notre socio. Il sait que c’est que d’être un joueur du Barça. Et comment faire gagner le Barça. » Vivement la retraite.