OM-PSG: Les supporters parisiens s'interrogent sur la vraie raison de leur interdiction de déplacement

FOOTBALL Les associations de supporters aimeraient pouvoir discuter avec les autorités policières...

N.C. avec AFP

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Un groupe d'ultras parisiens avait fait le déplacement pour le match Dijon-PSG, le 4 février 2017.
Un groupe d'ultras parisiens avait fait le déplacement pour le match Dijon-PSG, le 4 février 2017. — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

Cela devait être leur premier Classico à Marseille depuis plus de cinq ans. Finalement, les ultras du PSG ne seront pas au Vélodrome, dimanche. Ni aucun supporter parisien, d’ailleurs. Ainsi en a décidé la préfecture de police des Bouches-du-Rhône, arguant un « risque de trouble à l’ordre public et d’affrontements ».

« On n’a pas de problèmes d’effectifs », a assuré le préfet Laurent Nunez à l’AFP. Mais « il y a beaucoup d’antagonismes entre les supporters, on l’a vu avec la finale de la Coupe de France, il y a eu des incidents… On ne va pas prendre le risque de troubles à l’ordre public plus importants que ceux qu’on aura de toute façon à gérer, compte tenu de la configuration normale de ce match ».

Selon plusieurs sources, un autre élément est entré en ligne de compte : le nombre d’ultras présents dans le parcage visiteur du Vélodrome. « Le PSG ne respecte pas ses engagements : il ne devait vendre à ses ultras que 100 des 500 places qui lui étaient allouées », expose à l’AFP une source proche du dossier. « Et on s’est aperçu qu’il allait y avoir finalement près de 350 ultras sur le déplacement, ce qui n’est pas la même chose en termes de risques de troubles à l’ordre public. »

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Evidemment, la décision ne plaît pas du tout aux supporters du PSG. S’ils reconnaissent « une demande du PSG pour 200 ultras », ils ont surtout des doutes sur les réelles motivations des autorités. Dans son édition de vendredi, L’Equipe parle d’une décision politique, sorte de représaille contre la direction parisienne et sa manière de gérer le dossier du retour des ultras au Parc des Princes. Pour le match face à Monaco, le 29 janvier, le PSG avait été à l’encontre des recommandations de la préfecture de police de Paris pour laisser entrer quelques membres jugés « sensibles » du Collectif Ultras Paris (CUP).

« Si c’est le cas on se retrouve dans une situation qui n’a plus rien à voir avec la préservation de l’ordre public, mais dans celle, scandaleuse, d’une guéguerre » entre les autorités et le PSG, s’indigne James, le porte-parole de l’Adajis (Association de défense et d’assistance juridique des supporters).

Les supporters aimeraient savoir exactement ce qu’il en est. Mais leurs demandes de discussions avec les autorités policières restent lettres mortes, assurent-ils. « L’Adajis, comme le CUP, on est reçu partout : au Sénat, à l’Assemblée nationale, à la LFP, à la FFF. La préfecture de Paris est la seule entité qui ne nous répond jamais », regrette James.

« On comprend tout à fait qu’il y ait des craintes, mais justement, il faut en parler »

Dommage, ils aimeraient faire avancer les choses sur d’éventuels déplacements, comme ils l’ont faitconcernant leur retour au Parc des Princes. « On comprend tout à fait qu’il y ait des craintes de la part de la préfecture. Mais justement, il faut en parler. Si tu ne discutes pas avec les gens concernés, tu ne risques pas de faire avancer le truc, dit James. C’est quand même le rôle de l’Etat de faire en sorte que des supporters puissent se déplacer. On ne demande rien fou je crois. »

En attendant, les supporters de l’OM auront le champ libre, dimanche soir, pour encourager leur équipe. Une perspective que même le président olympien Jacques-Henri Eyraud déplore. « Je le regrette, je pense qu’un spectacle comme un match de foot, ce sont deux équipes et ce sont des supporters pour chacune de ces deux équipes », a-t-il dit sur RTL jeudi.